« Beaucoup de gens me disent : “Je t’avais déjà vue sur Insta[gram] et TikTok. Du coup, quand je t’ai vue sur Pornhub, j’ai cliqué, j’ai aimé et je me suis abonné”. » Comme nombre de travailleuses du sexe en ligne, Yuki la Belge a décidé, en février, d’investir pleinement les réseaux sociaux. Son objectif initial ? « Augmenter [s]a visibilité » sur Internet et celle de son travail sur des plateformes sexuellement explicites comme OnlyFans, nouveau royaume de la pornographie.
Cette incursion dans des espaces virtuels grand public rapproche la jeune femme de 23 ans et ses homologues de leurs spectateurs, mais aussi des créateurs de contenus plus classiques, ces stars de YouTube, Twitch ou Snapchat également appelées influenceurs. « Notre vie, c’est filmer notre quotidien, faire du montage, répondre à des marques et à nos fans. C’est semblable à celle d’un youtubeur sur énormément de points, sauf qu’on a le sexe en plus », fait-elle remarquer dans un sourire.
Au gré de la « plateformisation » de la pornographie, les professionnels du secteur seraient-ils donc devenus des vedettes du Web comme les autres ? La question se pose, alors que le gouvernement a demandé au député (PS) du Calvados Arthur Delaporte et à l’ex-député Stéphane Vojetta, auteurs de la « loi influenceurs » du 1er juin 2023, de mener des travaux complémentaires sur ces deux catégories de métiers d’Internet, leur appliquant la même terminologie de « créateurs de contenus ». Leurs conclusions sont attendues au début du mois de janvier.