La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français, a appelé mardi 30 décembre au « redémarrage massif des mobilisations » au début de janvier contre la gestion sanitaire de la dermatose bovine par le gouvernement et contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur.

Le syndicat appelle dans un communiqué « au redémarrage massif des mobilisations dès la première semaine de janvier, avec un jour privilégié d’actions le 7 janvier, au lendemain de [sa] prochaine rencontre avec le premier ministre, Sébastien Lecornu ».

Les principaux syndicats agricoles, peu convaincus par les explications du gouvernement, devraient être reçus par le premier ministre les 5 et 6 janvier. « Pour la gestion de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) comme pour la signature de l’accord UE-Mercosur, nous appelons à de véritables politiques de protection et de relocalisation de l’agriculture plutôt qu’à la dépendance de nos fermes aux injonctions des marchés internationaux », plaide le syndicat membre du réseau altermondialiste Via Campesina.

« Nous ne lâcherons rien tant qu’aucune action concrète n’est engagée par l’Etat », affirme-t-il, estimant que les mobilisations du mois de décembre « ont montré la détermination d’une majorité de paysannes et de paysans à s’opposer à la gestion actuelle de la DNC ».

Le syndicat est farouchement opposé à la stratégie d’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un foyer de cette maladie très contagieuse – non transmissible à l’homme – et réclame de généraliser la vaccination.

« Alors même que l’élevage français traverse cette crise inédite, la Commission européenne s’apprête à signer l’accord UE-Mercosur, qui condamnera en particulier les éleveurs et éleveuses de bovins allaitants », déplore la Confédération paysanne, qui considère que le report de la ratification de cet accord de libre-échange à la mi-janvier n’était « qu’un mirage ».

Si les syndicats restent divisés sur la gestion de la DNC – la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) soutient la politique sanitaire en vigueur –, ils sont unis dans leur opposition au traité UE-Mercosur, contre lequel la France n’est jusqu’à présent pas parvenue à rassembler une minorité de blocage.

En décembre, la mobilisation a pris de l’ampleur dans le pays avant de s’amenuiser à l’approche des fêtes de fin d’année. Mardi subsistaient quelques barrages autoroutiers, dont celui de l’A64 en Occitanie, et des actions symboliques étaient encore organisées, comme le retrait de produits importés de rayons de supermarchés.

Dans l’Aveyron, la Coordination rurale a annoncé dans la journée via un communiqué lever les barrages sur l’A75 à Séverac-d’Aveyron et sur la RN88 à Baraqueville, tout en assurant préparer « un plan d’action d’une ampleur bien supérieure ».

La circulation ne devrait toutefois pas reprendre immédiatement sur ces axes aveyronnais, les agriculteurs n’ayant pas nettoyé les lieux, faute de réponse favorable à leurs demandes. L’autre barrage sur l’A75, du côté du Buisson, en Lozère, est en revanche maintenu, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de la préfecture du département.

Dans l’Ariège, les manifestants continuent également de bloquer l’entrée sud du tunnel de contournement de Foix, pour le deuxième jour de suite, selon un correspondant de l’AFP. Depuis l’apparition du premier cas de DNC, en Savoie, cet été, l’Etat tente de contenir la propagation du virus en s’appuyant sur « trois piliers » : l’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.

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