C’est dans un magazine de chasse anglais, le Hunter’s Weekly, qu’apparaît en 1895 pour la première fois le mot brunch. Dans son texte Brunch : A Plea (« plaidoyer pour le brunch »), l’auteur Guy Beringer milite pour ce repas d’un genre nouveau. Mot-valise constitué de breakfast et de lunch, il permettrait de faire la grasse matinée sans scrupule grâce à un menu convivial, moins contraignant que le déjeuner dominical. Outre-Atlantique, les Etats-Uniens vont rapidement prendre le pas, n’hésitant pas à y ajouter leurs touches, des œufs Bénédict au cocktail mimosa, à base de jus d’orange et de champagne. Le brunch, espace réjouissant du (presque) « tout est permis », permet des rapprochements inédits.
En France, pays du petit déjeuner sucré, cette habitude va émerger à la fin du XXe siècle et se populariser au début des années 2000, notamment à Paris avec l’ouverture d’établissements comme Breakfast in America. Les Français découvrent alors le plaisir de tremper leurs pancakes dans leur café filtre et ajoutent, au répertoire du brunch, croissants et autres viennoiseries.
Aujourd’hui, que mange-t-on au brunch ? Enormément de choses. Dans Le Brunch Book (éditions First, 2025), Bastien Petit propose 130 recettes, avec un gros plan sur les œufs (mimosa, pochés à la turque, etc.), mais aussi welsh, banh mi veggie, scones anglais ou pain brioché japonais. Une palette représentative des multiples influences culturelles que ce repas permet d’englober sans complexe. Pour cette sélection, nous avons donc décidé de vous proposer une gamme variée, avec comme dénominateur commun cette philosophie héritée de Guy Beringer : un repas « joyeux, convivial et stimulant ».