Etretat et ses falaises, un défi pour les peintres souligné dans une exposition à Lyon

Etretat partage avec Saint-Tropez la particularité d’être une invention d’artistes et d’écrivains. Découvrant des paysages singuliers, ceux-ci y trouvent matière à peintures ou à récits et les précipitent vers la notoriété. Mais, si le fait est très connu pour le port méditerranéen, qui a dû sa gloire à Paul Signac et à Henri Matisse bien avant que le cinéma ne s’en saisisse, il l’est moins pour Etretat. A tort, car ce village de Seine-Maritime est sans doute le cas le plus précoce en France d’un tel passage de l’obscurité à la surexposition. Sa célébrité a été établie par des écrivains aussi illustres que Victor Hugo et Guy de Maupassant, et par des peintres non moins illustres, dont Gustave Courbet, Claude Monet et, de nouveau, Matisse.

Le Musée des beaux-arts de Lyon et le Städel Museum de Francfort, en Allemagne, se sont aperçus qu’il y avait dans cette histoire matière à exposition, et se sont associés pour l’occasion. Pourquoi eux ? Parce que chacun d’eux conserve l’une des nombreuses Vagues peintes par Courbet, que Francfort expose Le Déjeuner peint à Etretat par Monet en 1868 et que Lyon dispose d’Etretat, mer agitée (1883), du même Monet. A partir de ces toiles a été conçu un ensemble dont la densité suffit à convaincre de l’intérêt du sujet : peintures, dessins, gravures, photographies, cartes postales et documents, disposés selon la chronologie.

L’histoire commence dans les années 1830. Eugène Isabey, cherchant des éléments pour ses marines, y trouve les falaises blanches tombant droit dans la mer, les vagues les heurtant, les pêcheurs et leurs barques tirées sur la rive, les lavandières qui viennent blanchir le linge, les chaumières en retrait de la côte et, par-dessus tout, les effets de lumière qu’offre un climat changeant. Ce sont autant d’invitations à travailler sur le motif, au crayon ou à l’aquarelle, pour reprendre ensuite ces observations à l’atelier, sur la toile.

Recomendar A Un Amigo
  • gplus
  • pinterest
Commentarios
No hay comentarios por el momento

Tu comentario