Que se passe-t-il lorsqu’il devient, à long terme, trop risqué d’assurer certains territoires ? La question se pose avec acuité pour de nombreuses communes françaises exposées aux événements extrêmes dus au réchauffement climatique.
A la base du « millefeuille administratif » français, les communes souscrivent des assurances afin de préserver leurs bâtiments, leurs infrastructures, et, au-delà, de pérenniser leur attractivité économique. Mais, dans la mesure où elles doivent fournir des services publics essentiels (des crèches aux permis de construire), elles ne sont pas des assurés comme les autres. Longtemps cantonné au petit monde des assureurs et des fonctionnaires territoriaux spécialisés, l’enjeu de leur assurabilité est devenu un sujet politique majeur.
Les crues historiques survenues en Ille-et-Vilaine, au début de l’année 2025, illustrent l’incidence du réchauffement climatique sur les communes. Après la tempête Herminia, des cumuls de pluie exceptionnels ont provoqué des débordements majeurs de la Vilaine et de la Seiche. « Des digues ont été contournées par l’inondation et nous avons aussi découvert des zones inondées par remontée des eaux des égouts », explique Cyrille Morel, adjoint à la maire de Rennes et délégué à la sécurité civile et à la prévention des risques.