« Faire des photocopies, aller chercher leur repas du midi, ou même faire les courses personnelles de mes supérieurs. » Il s’agit des missions confiées à Clara (les prénoms des apprentis ont été modifiés), 22 ans, alternante en tant qu’assistante dans une société de production télévisuelle en région parisienne. Une désillusion pour la jeune femme qui s’imaginait participer à l’organisation des tournages. « J’ai eu l’impression de ne rien apprendre », témoigne-t-elle.
Amir, 22 ans, n’avait pour sa part pas prévu de produire des baguettes de pain à la chaîne quand il commence dans une boulangerie, en 2022, un BTS Support à l’action managériale. Mais c’est bien dans l’atelier que son employeur le cantonne, loin de la gestion de la petite entreprise. Il a abandonné, après dix-huit mois passés devant les fours, sans obtenir de diplôme.
Entre 2017 et 2021, le nombre de contrats d’apprentissage signés annuellement a plus que doublé, passant de 350 000 à 736 000, selon le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq). Un bond porté par la réforme de la loi « avenir professionnel » promulguée en septembre 2018, qui a modifié le financement de l’alternance en accordant jusqu’à 8 000 euros d’aides de l’Etat par embauche aux entreprises de moins de 250 personnes.