Les miracles littéraires naissent parfois d’une paire de baskets. C’est en enfilant les siennes que le photographe espagnol Paco Gomez s’est lancé, sans le savoir, dans une aventure folle qui déboucherait, dix ans plus tard, sur la publication de son premier livre, L’Incroyable Famille Modlin. Et quel livre !

Un jour de 2003, l’homme, qui vit à Madrid, reçoit un coup de téléphone de son beau-frère : un tas de photographies gît au pied d’un immeuble au milieu d’effets personnels. En cinq minutes, et au pas de course, Gomez, habitué à collectionner toutes sortes d’archives (il fut éboueur pour arrondir ses fins de mois), est sur place. Les clichés qu’il récupère le sidèrent. On y voit une femme et deux hommes, dont l’un, plus jeune, beau comme un dieu grec, dans des poses stupéfiantes, ou accompagnés de vedettes espagnoles et américaines. Qui est donc cette famille farfelue et que font ces documents dans la rue ?

Un an plus tard, il découvre leur identité dans un article de presse : il s’agit des Modlin, des Américains, morts désormais, installés en Espagne pendant la dictature franquiste ; la mère, Margaret, était une peintre méconnue. Plus d’une centaine de ses tableaux, de style surréaliste, végètent dans l’appartement aujourd’hui vide d’un immeuble délabré, en attendant qu’une institution espagnole accepte de les récupérer.

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