La sévérité des critiques et le choix du moment ont pu surprendre les alliés européens de l’Ukraine. En estimant que « [le président russe, Vladimir] Poutine a réussi à arrêter l’Europe », en évoquant une entité « fragmentée » et semblant « perdue » face aux Etats-Unis, en critiquant durement « le manque de volonté politique » face aux impératifs de justice internationale, « les interminables disputes internes et les non-dits qui empêchent de s’unir » et le fait que « les forces qui tentent de détruire l’Europe ne sont confrontées à aucun obstacle », le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a, dans son discours au Forum de Davos (Suisse), jeudi 22 janvier, surpris son auditoire.
A Kiev, en revanche, il n’y eut ni surprise ni débat. Toujours prompts à commenter chaque mot et chaque action de leurs dirigeants, pour les soutenir ou, le plus souvent, pour les critiquer, les Ukrainiens ont peu réagi au sévère discours de M. Zelensky sur l’Europe. Ni les forums nocturnes sur Facebook, ni la presse online matinale ne se sont enflammés. L’opposition n’est pas montée au créneau. Les rares commentaires furent plutôt positifs, puis les gens sont passés à autre chose.