Quiconque me connaît sait que je ne tiens pas à être parfaitement d’accord avec les autres, sur quelque sujet que ce soit d’ailleurs. Par exemple, sur la question de savoir pourquoi les Yankees [de New York] ne remportent pas les World Series [en base-ball]. Ou sur celle encore de savoir si les femmes transgenres doivent être autorisées à concourir contre des femmes cisgenres dans les compétitions sportives. Le désaccord peut nous faire découvrir un monde que nous ne connaissions pas jusqu’alors. Il peut être constructif, voire réconfortant, alors que l’assentiment est souvent moins exaltant, sauf peut-être aux yeux des gens pédants.
Je ne parle pas ici d’une opposition de principe mais d’un désaccord fondé sur des convictions. Et non sur la simple bêtise, donc. A mes yeux, la vérité est de l’or, qu’il faut polir et travailler, tel un orfèvre, pour qu’elle puisse émerger. Ce qui me met bien souvent en bisbille avec notre président, Donald Trump, qui ne souffre pas qu’on le contredise et qui fait tout ce qu’il peut – y compris mentir sur à peu près tout – afin de museler toute forme de contestation.
Il ment, par exemple, sur notre pays (qu’il considère comme sa propriété privée pillable à loisir) ; sur la manière dont il considère ses compatriotes (comme ses employés) ; et sur celle dont il se perçoit lui-même (comme une lumière infaillible). Si je déteste tout en lui ou presque, je ne suis pour autant pas en désaccord sur tout : expulser les étrangers reconnus coupables de crimes est une bonne chose ; protéger les mineurs qui veulent se faire opérer pour changer de sexe, aussi. Il y a d’autres sujets encore, mais pas tant que ça non plus.
Parmi celles et ceux qui partagent mes opinions sur Trump, beaucoup voient en lui un monstre. Mais, si Trump est bien un monstre, ce n’est pas pour sa seule monstruosité que je le déteste. Nul besoin de connaître le personnage en détail pour comprendre que c’est précisément dans sa monstruosité que réside son plus grand talent.