Le contexte économique morose, la forte instabilité politique qui a marqué la fin d’année 2025, notamment l’absence de budget pour 2026 en décembre, ainsi que les tensions géopolitiques commencent à se faire sentir sur le marché du travail. Selon les statistiques diffusées jeudi 29 janvier par France Travail et la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), rattachée au ministère du travail, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a connu une hausse sensible au quatrième trimestre 2025, de 2,6 %, pour s’établir à 3,3 millions de personnes sur l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte). Ce sont 84 200 inscrits de plus qu’au trimestre précédent.

Sur un an, sans surprise, les effectifs de cette catégorie, la plus scrutée, augmentent de manière bien plus forte, de 6,8 %. Si l’on ajoute les personnes en catégorie B, en activité réduite courte (moins de soixante-dix-huit heures par mois), et C (plus de soixante-dix-huit heures), la croissance du nombre de demandeurs d’emploi est de 1 % sur ce trimestre et de 4,8 % sur l’année 2025, pour s’établir à près de 5,7 millions de personnes.

Comme chaque trimestre depuis un an, ces données sont à prendre avec des pincettes. Les chiffres sont devenus assez complexes à analyser depuis la promulgation de la loi « pour le plein-emploi », qui a, entre autres, généralisé l’inscription de tous les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) auprès de France Travail le 1er janvier 2025. A cela s’est ajoutée, début juin, l’application du nouveau régime de sanctions pour les chercheurs d’emploi ayant manqué à leurs obligations, qui a fait chuter le nombre de radiations, passées de 45 000 en moyenne au premier trimestre 2025 à seulement 2 300 sur les trois derniers mois de l’année.

Sans ces effets particuliers, le nombre d’inscrits à France Travail en catégorie A augmente toutefois de 2 % sur le trimestre et de 1,7 % sur un an (+ 40 000 personnes). Pour l’ensemble de ceux tenus de chercher un emploi (catégories A, B et C), la hausse est de 1,6 % sur un an (stable sur la dernière période de 2025). « Ce sont ces évolutions qui reflètent le mieux la situation conjoncturelle du marché du travail », précise une nouvelle fois la Dares.

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