L’ex-ambassadeur du Royaume-Uni à Washington Peter Mandelson, mis en cause dans de nouveaux documents témoignant de sa proximité avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, va quitter mercredi son siège à la Chambre des lords, a annoncé mardi 3 février cette institution. « Le greffier du Parlement a reçu [mardi] un message de Lord Mandelson, l’informant de son intention de quitter la Chambre à compter du 4 février », a déclaré le président de la chambre haute du Parlement.

D’après des documents publiés vendredi par le ministère de la justice américain, Peter Mandelson aurait fait profiter M. Epstein d’indiscrétions alors qu’il était ministre du commerce du gouvernement de Gordon Brown : il lui aurait notamment transféré en 2009 un courriel interne, destiné au premier ministre, relatif à la situation économique. Dans un autre échange de courriels de 2009, révélé par le Financial Times, Peter Mandelson semble suggérer à Jeffrey Epstein de demander au patron de J.P. Morgan de « menacer légèrement » le ministre des finances britannique d’alors, afin d’obtenir la réduction d’une taxe sur les bonus des banquiers.

Des relevés bancaires montrent, par ailleurs, que Jeffrey Epstein aurait transféré un total de 75 000 dollars (63 200 euros) en trois virements sur des comptes liés à Peter Mandelson en 2003 et 2004. Ce dernier, qui était à l’époque député, a affirmé dimanche n’avoir aucun souvenir de ces virements, et ne pas savoir si ces relevés étaient authentiques.

Devant ses révélations, le premier ministre actuel, Keir Starmer, avait ordonné la préparation d’une loi afin que puisse être retiré à Peter Mandelson son siège à la Chambre des lords, avait fait savoir, peu avant, un porte-parole de Downing Street. Pour M. Starmer, M. Mandelson a « laissé tomber son pays », selon des propos rapportés par le porte-parole de Downing Street.

« Pour le public, entendre des personnalités politiques dire qu’elles ne se souviennent pas avoir reçu ou non des sommes d’argent importantes est tout simplement stupéfiant. Cela leur fait perdre confiance (…) », a déclaré le porte-parole de Keir Starmer mardi.

M. Mandelson a été nommé à la Chambre des lords en 2008, mais il s’est mis en congé à la fin de janvier 2025, après sa nomination à Washington. Il a été limogé de son poste d’ambassadeur en septembre, en raison de précédentes révélations concernant ses liens avec Jeffrey Epstein.

Figure de la jet-set new-yorkaise pendant les années 1990-2000, Jeffrey Epstein était accusé d’avoir exploité sexuellement plus de 1 000 jeunes femmes, parmi lesquelles des mineures. Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a alimenté d’innombrables théories du complot, selon lesquelles il aurait été assassiné pour protéger des personnalités de premier plan.

Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump avait dit vouloir rendre le dossier Epstein public. Puis, à son retour au pouvoir, il a rechigné à le faire et s’est vu accusé jusque chez ses partisans d’un manque de transparence. Vendredi, le ministère de la justice avait publié une grande quantité de documents supplémentaires, affirmant se plier ainsi à une loi promulguée en novembre 2025.

La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de la part de celle-ci. Mais les documents montrent des liens entre le criminel sexuel, ou son entourage, et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.

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