« On porte espoir de proche en proche » : Georges Didi-Huberman sera au Forum philo le 31 janvier

On porte donc espoir de proche en proche. Comme les gestes et comme les images, la parole apparaît alors, anthropologiquement, comme un véhicule par excellence de ce « proche en proche ». Espérer malgré tout, malgré le « tout » des totalitarismes politiques ou des terreurs militaires, ce serait donc « porter parole », aussi légers que soient les « êtres de plume » – et non de plomb – qui inventent ce peu de chose si important que représentent un seul mot juste, une seule phrase encourageante, une seule incitation à persévérer dans son désir, à ne pas renoncer devant ce qui veut s’imposer comme « fatal ».

Parce qu’on porte espoir de proche en proche, il arrive que cet espoir ne soit pas distinctement visible dans un horizon ouvert devant nous, ou bien dans quelque espace correctement éclairé. L’espoir se faufile entre le clair et l’obscur : ses profils ou contenus ne sont jamais clairement dessinés, définis, délinéés. Ils apparaissent comme des lueurs, c’est-à-dire comme des possibilités entrevues au milieu de la nuit environnante. Mieux vaudrait dire, d’ailleurs, que de telles possibilités surgissent comme des « contre-vues » dans le paysage des évidences visibles et comme des « contretemps » dans l’histoire factuelle qui nous entraîne. D’où la sensation – vitale – qu’elles nous font redécouvrir le monde et recommencer le temps de façon « diagonale », ainsi qu’Hannah Arendt le répéta de toute pensée politique qui se respecte.

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