Franck Courtès, la soixantaine, fut longtemps un photographe de presse réputé avant de se détourner, assez violemment, de cette pratique qu’il estimait désormais galvaudée pour se convertir à la littérature en 2013. Si ce transfert de vocation fait du bien à son âme, il met à rude épreuve son porte-monnaie en dépit du succès d’estime qui entoure ses romans. Il y raconte comment il s’est inscrit sur une application de petits travaux pour devenir homme à tout faire à raison d’une dizaine d’euros par jour. C’est cette expérience de la pauvreté, en même temps sans doute que la chronique désenchantée d’une société où tout se vend à l’encan, qu’il relate dans son roman A Pied d’œuvre (Gallimard, 2023).
Valérie Donzelli – autrice d’une œuvre pendulaire prise entre la fantaisie légère (La Reine des pommes, 2010) et le tragique poisseux (L’Amour et les Forêts, 2023) – l’adapte aujourd’hui au cinéma dans son septième long métrage de fiction. Pour ce récit qui tient de l’épure – il s’agit tout de même, au bout du compte, de l’histoire d’un homme qui se bat avec lui-même –, on imagine bien que le choix de l’acteur principal fut délicat. Bastien Bouillon – enfant de la balle et acteur protéiforme entre cinéma d’auteur hardcore et gros succès publics – décroche ici le pompon, pour une quatrième prestation sous la direction de la réalisatrice.