Emmanuel Macron a annoncé, mercredi 4 février, que le budget d’un vaste plan contre le cancer, qui court de 2021 à 2030 en couvrant un champ allant de la prévention à l’amélioration des soins, serait maintenu à un niveau semblable à celui de ces dernières années.

Ce second volet disposera jusqu’en 2030 de « plus de 1,7 milliard d’euros investis sur cinq ans », soit un budget équivalent à la période 2021-2025, a annoncé le chef de l’Etat dans une vidéo diffusée au début d’une journée organisée par l’Institut national du cancer (INCa), chargé de coordonner ce plan.

Celui-ci, qualifié de « stratégie décennale », est l’héritier des plans Cancer lancés dans les années 2000 sous la présidence de Jacques Chirac afin de lutter contre cette pathologie qui reste en France la première cause de décès pour les hommes et la deuxième pour les femmes après les maladies cardio-vasculaires.

L’actuel plan, lancé en 2021 par M. Macron, comprend la prévention, l’amélioration de la prise en charge des patients, mais aussi l’accélération de plusieurs dépistages – cancers du sein, du col de l’utérus ou colorectaux – et d’incitations à la recherche.

La première moitié des années 2020 a vu la mise en place de mesures emblématiques, comme l’instauration d’une vaccination dans les collèges contre le papillomavirus, à l’origine des cancers du col de l’utérus, ou la généralisation de l’interdiction du tabac dans les lieux publics, même si certains acteurs de terrain regrettent que leur mise en place ait tardé.

Détaillé par l’INCa à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, mercredi, le programme des prochaines années reste largement dans cette lignée, avec quelques nouveautés comme la création d’un registre national des cancers, officialisée en décembre dernier, destiné à mieux les connaître, les prévenir et les traiter.

Autre élément saillant, un dépistage du cancer du poumon sera organisé à partir des prochaines semaines, prévoyant d’inclure 20 000 personnes. Ce programme « inclura dès le mois prochain ses premiers patients », a déclaré la ministre de la santé, Stéphanie Rist, en ouverture de la journée de l’INCa, espérant qu’il aboutisse « à la généralisation pour la première fois d’un dépistage organisé du cancer du poumon ».

« Nous voulons qu’il y ait un dépistage généralisé du cancer du poumon d’ici à 2030 et ça va commencer dès le mois de mars avec plus de 20 000 personnes qui pourront être dépistées de façon ciblée pour le cancer du poumon », a souligné, plus tôt dans la journée la ministre de la santé, sur Franceinfo.

Causé dans environ huit cas sur dix par le tabac, le cancer du poumon, marqué par une croissance anormale et incontrôlée de cellules dans les poumons, reste la tumeur maligne la plus fatale en France, avec 30 400 décès chaque année.

Si le nombre de nouveaux cas se stabilise pour les hommes, il progresse fortement pour les femmes, qui ont commencé plus tard le tabagisme. Comme les symptômes du cancer du poumon sont longs à apparaître, la majorité des diagnostics se fait à un stade trop tardif, compliquant les traitements et faisant chuter les chances de survie.

Dans le cadre de l’expérimentation, « 20 000 participants volontaires seront recrutés sur une période de dix-huit à vingt-quatre mois », précise le ministère de la santé. « Il s’agira de personnes de 50 à 74 ans, fumeurs et ex-fumeurs [sevrés depuis moins de quinze ans], avec, par exemple, une consommation tabagique cumulée d’au moins 20 paquets année », selon la même source.

Plusieurs études ont démontré les bénéfices d’un dépistage organisé du cancer du poumon : un scanner à basse dose pour des personnes à risque permet de détecter tôt des petites tumeurs débutantes et de réduire d’environ 20 % à 25 % le risque de décès.

En outre, Stéphanie Rist a annoncé « un autre dépistage (…) dans le cadre, là aussi, d’une expérimentation pour cibler les personnes qui sont à haut risque de cancer du sein ». En France, trois cancers (sein, colorectal, col de l’utérus) font l’objet d’un dépistage organisé, proposé systématiquement à une population cible.

Les autorités ayant réduit le nombre de mesures prévues par la stratégie, celle-ci se concentrera sur cinq enjeux, jugés les plus cruciaux : les jeunes, les personnes âgées, le monde du travail, les personnes handicapées et l’outre-mer.

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