La littérature aurait le singulier pouvoir de suspendre le temps. L’écriture, de protéger et de garder la mémoire. De la défendre et d’être à jamais un défi à la mort. Comment ne pas fermement y croire ?
J’ai lu vient de rééditer Ma petite Yvette, d’André Dumas (1874-1943), texte introuvable d’un écrivain tombé dans l’oubli. Poète, dramaturge, auteur d’anthologies poétiques et d’essais régionaux, Dumas l’a écrit à la première personne. Il y révèle la bouleversante tendresse d’un père pour sa fille, emportée à 6 ans par la fièvre scarlatine. Publié chez Plon en 1922, le roman a depuis longtemps quitté le catalogue, et ce, d’autant que les derniers exemplaires ont disparu en 1990 dans l’incendie de l’entrepôt où ils étaient conservés. « La renaissance d’un livre est toujours un événement émouvant, dit Amélie Pascal, directrice éditoriale chez J’ai lu. Mais, ici, sa redécouverte s’est accompagnée d’une histoire étonnamment romanesque. »