L’eau baisse enfin doucement dans les départements inondés de l’ouest de la France, où les écoliers de la zone A ont pu effectuer une rentrée presque « normale », lundi 23 février.

Vigicrues prévient néanmoins qu’« aux abords des cours d’eau placés en vigilance orange ou rouge, le risque inondation est encore bien présent » pendant « au moins vingt-quatre heures ».

La Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restent jusqu’à mardi en vigilance rouge, le niveau maximal, et deux autres départements ? la Sarthe et la Charente ? sont maintenus en orange par Météo-France dans son dernier bulletin, publié à 16 heures.

En Nouvelle-Aquitaine, la rentrée scolaire s’annonçait très peu perturbée en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, selon les académies, mais elle a pris une tournure inhabituelle à Courcoury, commune de 730 habitants cernée par les eaux, en Charente-Maritime. Toute la semaine, le ramassage scolaire est assuré par trois camions de la gendarmerie, habituellement dédiés au transport de troupes, qui convoient collégiens et lycéens à travers les routes inondées.

« C’est tout de même beaucoup mieux au niveau sécuritaire », s’est félicité le maire, Eric Bigot, face à une « crue exceptionnelle cette année ».

Juste à côté, à Saintes, la rentrée a tourné au « sacré bordel, car la circulation est très compliquée », a rapporté Bruno Drapron, maire de cette ville où trois écoles étaient fermées, car difficiles d’accès. Les élèves ont été répartis dans d’autres classes.

Dans cette commune de 25 000 habitants habituée aux crues, où 1 380 maisons sont inondées, « la problématique la plus contraignante, ce sont les coupures d’électricité », a ajouté l’élu. « L’eau doit baisser de 40 centimètres pour qu’il y ait des retours d’électricité massifs », mais « la véritable décrue n’est pas attendue avant mercredi ou jeudi », selon lui.

La Croix-Rouge a aussi déployé sa brigade nautique pour « soutenir les sinistrés à leur domicile », une première en France « dans le cadre d’un événement climatique », selon son référent communication pour la Charente-Maritime, Samuel Saint-Maxent.

Plus au nord, dans le Maine-et-Loire, le maire des Ponts-de-Cé, près d’Angers, s’est réjoui d’une décrue « lente mais réelle ». « La Loire devrait descendre de 20 à 30 centimètres par vingt-quatre heures », a affirmé Jean-Paul Pavillon. Il ajoute qu’il est prévu un « accompagnement des personnes pour vider les terrains et les maisons, les aider aussi pour les démarches auprès des assurances si besoin ».

L’eau commence aussi à baisser à Angers, où le niveau de la crue de 1982 a été égalé, selon Vigicrues. La mairie a annoncé à l’Agence France-Presse un retour progressif à la normale, « à mesure que les rues seront nettoyées » après la baisse du niveau de l’eau. Des unités mobiles d’assurances se sont installées dans une zone commerciale près d’Angers.

A Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire), où une digue menace toujours de céder, l’ordre d’évacuation pour les 300 personnes concernées reste en vigueur. « La protection civile est partie et les centres d’hébergement d’urgence ont fermé » lundi matin, tous les habitants ayant trouvé à se reloger ailleurs, a déclaré le maire de la commune, Philippe Maillart.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison de l’évolution du climat, ce qui augmentera les inondations.

L’imperméabilisation des sols et la suppression des haies, des fossés et des zones humides pour privilégier les grandes cultures agricoles peuvent en outre aggraver leurs conséquences.

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