Gorgé de mystère, gonflé de merveille, Brûle bleu, le deuxième roman de Léna Pontgelard, après Une si moderne solitude (Panseur, 2024), est une histoire de rencontres : le dialogue intime, ludique, entre Bourg-en-Bresse (Ain), sa ville d’enfance « atypique », et un jeu de rôle qui a agi sur elle tel un philtre. Alors que « les interactions sociales ne sont pas forcément mon fort dans la vie, raconte-t-elle au “Monde des livres”, grâce à ce jeu qui repose sur la maîtrise du verbe je me suis découvert beaucoup d’éloquence ». Une vie parallèle qui a infusé dans la vraie : Octave, le chevalier médiéval qu’elle incarnait, s’est mué en un personnage romanesque qui vient révéler Silas, son héros et narrateur, à lui-même – l’inverse est aussi vrai.

Se sentant des accointances avec cette figure codifiée des jeux de rôle qu’est le « PNJ » – « personnage non joueur », dirigé par le maître du jeu –, elle a voulu œuvrer à sa libération. « Pauvres PNJ… Ils sont coincés toujours au même endroit ! » En créant Silas, elle voulait jeter sur l’autisme un regard brut, en faire une expérience de liberté. Cette créature « bleue à cornes » qui évolue dans un univers d’êtres « ronds à la peau d’amande » transforme le monde en questions pour le mettre à nu, en le saisissant par analogies. Elle porte en elle un monde infini sur lequel elle apprend à poser un nom. Mais comment empêcher les définitions d’engloutir l’arc-en-ciel trépidant de ses sensations ?

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