La fraise, un modèle pour l’agriculture française ? La question mérite d’être posée alors que, à plusieurs reprises, elle a été citée comme exemple à imiter, lors du Salon de l’agriculture dont les portes doivent se fermer dimanche 1er mars, porte de Versailles, à Paris. Le sujet de la souveraineté alimentaire était, il est vrai, au cœur des débats dont Annie Genevard avait donné le « la ».
La ministre de l’agriculture avait, en effet, appelé, en décembre à Rungis au « grand réveil alimentaire des Français ». Depuis, elle continue de sonner le tocsin. « Alerte majeure », menace de tomber dans l’« abîme », « excédent agroalimentaire français qui frôle le zéro », martèle-t-elle sans relâche, en apôtre zélé du déclinisme. Un refrain mis en musique par le sénateur Laurent Duplomb, dans un rapport publié en 2022.
Dans ce paysage apocalyptique aux couleurs sombres, surgit un petit fruit rouge. De plus en plus souveraine, la fraise française se pousse du col. Et pourtant, elle a connu, un temps, la déconfiture, écrasée par le rouleau compresseur de la concurrence espagnole. Des gros fruits, mis en avant par les supermarchés à prix cassés. Les fraisiculteurs français ont décidé de remettre en marche le moteur. « Depuis quinze ans, nous reprenons des parts de marché aux concurrents espagnols mais aussi allemands ou néerlandais. Sur un marché total de 120 000 tonnes nous sommes aujourd’hui à près de 50 % en autoapprovisionnement », se réjouit Xavier Mas, producteur de Lot-et-Garonne et président de l’Association d’organisations de producteurs nationale fraises.