Aujourd’hui, presque toutes les bonnes tables revendiquent une cuisine de saison. Mais lorsqu’on travaille en connexion avec le marché international de Rungis (Val-de-Marne) et des fournisseurs étalés de Lille à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), l’expression n’a pas beaucoup de sens.
De beaux établissements créés en banlieue parisienne ont choisi de raccourcir leurs circuits, à l’image de Maison blanche, en Seine-Saint-Denis, qui se fournit essentiellement en Ile-de-France, ou du Point d’origine, dans les Yvelines, dont les fruits et légumes proviennent de La Ferme des Alluets, toute proche. Le Doyenné, dans l’Essonne, a relevé le défi de devenir presque autosuffisant, grâce à un potager et un élevage de cochons.
Tenues par de nouvelles générations d’associés, ces maisons singulières donnent un coup de fouet à la gastronomie locale. A portée de carte Navigo, elles permettent aussi de faire des haltes bucoliques. Et de sortir des clichés. Oui, la banlieue a du talent et peut viser le haut de gamme ! A tarif égal, on y mange même souvent mieux, dans des espaces qui n’ont pas été grignotés par la fièvre immobilière, en suivant un tempo più lento favorable aux grands repas et à une digestion sereine. Vive la banlieue !