Crime raciste dans le Var : « un acte antifrançais » pour Bruno Retailleau ; le Parquet antiterroriste se saisit de l’enquête

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi, lundi 2 juin, de l’enquête ouverte après qu’un homme, de nationalité tunisienne, a été tué samedi soir à Puget-sur-Argens (Var), et qu’un autre, turc, a été blessé.

Deux vidéos « au contenu raciste et haineux » ont été diffusées par le suspect, avait déclaré le parquet de Draguignan, qui a ouvert l’enquête. Le mis en cause, de nationalité française, est actuellement en garde à vue.

Il est interrogé dans le cadre d’une enquête désormais confiée à la direction générale de la sécurité intérieure et à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire. Les investigations sont menées pour assassinat et tentative d’assassinat, en relation avec une entreprise terroriste, « commis en raison de la race, de l’ethnie, la nation ou la religion ». Elles sont aussi lancées pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. L’alerte avait été donnée par la compagne du suspect.

Bruno Retailleau, le ministre de l’intérieur, a dit sur le réseau social X, à la mi-journée, s’être « entretenu avec l’ambassadeur de Tunisie en France pour dire [sa] compassion aux proches de la victime et [sa] solidarité à la communauté tunisienne de France pour ce crime insupportable ». « Le racisme doit être sévèrement puni. Quand il conduit à cette sauvagerie, la réponse pénale doit être implacable », a-t-il insisté.

Interrogé sur BFM-TV, en fin d’après-midi, il a ajouté qu’il s’agissait d’un « acte très grave » et d’un « acte prémédité ». « C’est un crime raciste », a-t-il asséné, ajoutant que « chaque acte raciste est un acte antifrançais parce que la France, c’est aussi la République française, et la République ne fait aucune différence selon les origines, selon la couleur de peau, selon les religions ».

Le ministre de l’intérieur tunisien, Khaled Nouri, a « condamné un crime terroriste » et demandé de protéger ses compatriotes, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Bruno Retailleau. M. Nouri a souligné que le crime a « suscité un profond mécontentement et une profonde tristesse dans l’opinion publique » tunisienne. Il a souligné « la nécessité d’assurer la protection de la communauté tunisienne sur le territoire français », selon un communiqué officiel publié lundi soir. Le ministre aussi a demandé à son homologue français d’« adopter une approche proactive pour éviter de tels crimes et garantir qu’ils ne se reproduisent pas ».

Les militaires de la gendarmerie nationale avaient fait appel au GIGN (groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) pour interpeller le suspect, qui fuyait en voiture. Dans son véhicule, plusieurs armes avaient été retrouvées, « de type pistolet automatique, fusil à pompe et arme de poing », avait précisé le procureur de Draguignan.

Dans la foulée de cette double attaque, l’association SOS-Racisme a dénoncé dans un communiqué un « double crime », « résultat d’un travail minutieux mené par le camp du racisme et visant à rendre légitime l’expression du racisme en mots et en actes ».

De son côté, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a déploré un « infâme meurtre raciste » sur son compte X. Sur le même réseau social, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), a elle aussi rendu hommage à la victime. « Dans le Var, un homme tunisien a été assassiné samedi par son voisin, auteur d’immondes vidéos xénophobes. Un crime odieux et révoltant. Plus que jamais, mobilisons-nous pour la République et contre les poisons du racisme, de la haine et de la division qui cherchent à la rendre malade », a-t-elle posté.

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