En ces temps de radicalisation des esprits, quand la politique se cristallise sur les extrêmes, quand les antagonismes entre laïcité défensive et religieux invasif s’aiguisent, il peut être salutaire de se jeter dans la brèche que veut ouvrir l’œuvre de la politiste Astrid von Busekist, dont le nouvel essai, L’Ere des impostures, paraît chez Albin Michel.
Chez cet éditeur, elle dirige une collection qui porte le titre, tout en compromis plutôt qu’en affrontement, de la matière qu’elle enseigne à Sciences Po (Paris), où elle est professeure depuis 2001 – elle a été l’une des premières femmes titularisée à ce poste : « Humanités politiques ». Qu’entend par là cette femme aussi élégante et énergique que décontractée, à la voix grave laissant parfois résonner la trace lointaine de sa langue maternelle, l’allemand, qui parsème sans démagogie les discours les plus sophistiqués de pincées d’expressions étudiantes (« J’ai beaucoup bossé », « Les histoires singulières chopent quelque chose de l’époque », etc.) ?