Le petit gars de Caen a bien grandi ! Orelsan (Aurélien Cotentin de son vrai nom) a surgi dans nos vies en 2009 avec l’album Perdu d’avance. C’était un rappeur différent, un jeune poète mélancolique confessant sa No Life et sa Peur de l’échec au gré de clips tournés dans les rues de sa ville. Désormais multiprimé, devenu un énorme vendeur de disques, il a sorti cet automne son cinquième album (La Fuite en avant) ainsi qu’un film dont il est le héros (Yoroï). En 2026, ses prochains concerts affichent complet, y compris celui au Zénith de Caen, traditionnellement le premier de la tournée. Avec le guide-conférencier Romain Desclos, qui a imaginé une balade sur ses traces, on remonte le temps en arpentant l’avenue du Six-Juin, emblématique de cette cité en grande partie reconstruite après les bombardements de 1944.
Les lignes sont droites, les immeubles en béton parés de pierre de Caen, ce qui leur donne un aspect mordoré. On passe devant la Caisse d’allocations familiales du Calvados, aux bas-reliefs exaltant la famille. De l’autre côté de l’avenue, c’est le collège Henri-Brunet, dont le père d’Aurélien Cotentin était principal. Sur un pilier, un petit Orelsan en mosaïque est l’œuvre du street-artiste In the Woup. Plus loin, traversant le port de plaisance, on laisse à gauche la bibliothèque conçue par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas ainsi que l’ancienne gare maritime et l’on s’approche du Cargö, où Orelsan fit ses débuts.