Perce-neige. « Sa petite fleur est la première à sortir de terre, perchée sur une tige qui ne dépasse pas 15 centimètres. Elle est délicate, précieuse mais parfaitement indifférente au froid. Rouge, blanche, rose ou panachée, résultat de nombreuses hybridations, elle disparaît sous la neige mais n’attend qu’une chose : que tout ait fondu pour réapparaître. Son feuillage arrive ensuite. Panaché, graphique, aussi intéressant que la fleur elle-même, au point de pouvoir être utilisé seul pour étoffer un bouquet.
Seule en scène. « Coupées, les feuilles ou les fleurs du cyclamen tiennent huit à dix jours en vase. La taille de sa fleur impose de ne pas la noyer parmi d’autres. Je préfère la placer seule, dans un soliflore, un verre à shot ou à cognac, et la poser sur une table basse ou en centre de table. Ce qui permet d’être à sa hauteur et de l’observer. Elle dégage une odeur suffisamment discrète pour être utilisée à table. En extérieur, l’hiver, elle habille le pied des arbustes caducs. »
Pas banale. « Très apprécié dans la Rome antique, revenu au XIXe siècle, puis oublié, le cyclamen est aujourd’hui une plante en pot devenue presque banale. Certains le disent kitsch. Je ne suis pas d’accord. Je l’utilise chaque hiver pour les décorations de fin d’année ou pour des dîners de fête. Sorti de sa potée et disposé régulièrement dans des balconnières monochromes, on le voit fleurir les façades des palaces. C’est classique, oui, mais très élégant. »
Electron libre. « Lorsqu’il se plaît, il se naturalise et se ressème là où il n’a été ni planté ni pensé. Au Liban, où je me rends souvent, je le vois pousser spontanément sur les éboulis.
Grosse patate. « Ce qui m’étonne le plus chez le cyclamen, c’est son tubercule. Une forme de grosse patate aplatie, lourde et maladroite, qui ne laisse absolument pas deviner la suite. Et c’est ce décalage que je trouve assez drôle. Comment cette masse franchement disgracieuse peut-elle être à l’origine d’une fleur aussi fine et élégante ? »