Une semaine après une première libération de 99 personnes annoncée par les autorités à Noël, 88 autres personnes emprisonnées après la présidentielle vénézuélienne de 2024 contestée par l’opposition ont été libérées pour le Nouvel An.

« Quatre-vingt-huit nouvelles remises en liberté ont été effectuées ces dernières heures », a annoncé, jeudi 1er janvier, le ministère des services pénitentiaires, évoquant « des personnes privées de liberté pour des délits commis dans le cadre d’actions violentes, appartenant à des secteurs extrémistes après le processus électoral du 28 juillet 2024 ». Le texte précise que le président, Nicolas Maduro, a donné pour instruction d’évaluer « de manière individuelle chaque situation et de prendre, conformément à la loi, des mesures conservatoires ».

Le Comité des mères pour la défense de la vérité, une des ONG qui avait annoncé des libérations dans la matinée, avait jugé la mesure « insuffisante ». « C’est une liberté limitée » sous contrôle judiciaire « et beaucoup d’autres de nos proches continuent d’être arbitrairement privés de liberté », a-t-il fait savoir. « L’injustice continue de toucher des centaines de familles dans tout le pays. C’est pourquoi nous insistons sur le fait que le pays a besoin d’une amnistie générale qui accorde la liberté pleine et entière à toutes les personnes détenues arbitrairement pour des motifs politiques », selon le texte de l’ONG.

Nicolas Maduro a été proclamé vainqueur de la présidentielle de 2024 par le Conseil national électoral (CNE) qui n’a jamais communiqué les résultats détaillés du scrutin, évoquant d’une attaque informatique. L’opposition, qui a publié les procès-verbaux de bureaux de vote - qualifiés de faux par le pouvoir - dénonce une fraude massive et assure que son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia est le vainqueur légitime. Celui-ci avait remplacé comme candidat la cheffe de l’opposition Maria Corina Machado, déclarée inéligible, et qui a depuis obtenu le prix Nobel de la Paix 2025.

La répression des troubles post-électoraux après la proclamation de la réélection du président Maduro s’était soldée par 2 400 arrestations et 28 morts, selon les chiffres officiels. Les autorités avaient annoncé avoir libéré plus de 2 000 personnes dans les semaines qui ont suivi.

A Noël, les autorités avaient annoncé 99 libérations tandis que l’ONG Foro Penal avait recensé 61 libérations. L’ONG, qui assure la défense judiciaire de nombreux détenus, souligne que la mesure de jeudi inclut également deux « prisonniers politiques » de la prison Rodeo I, située dans l’État de Miranda (Caracas). Selon elle, il y a quelque 700 détenus politiques dans le pays.

Une mission de l’ONU a récemment souligné que la répression s’était intensifiée ces derniers mois au Venezuela, alors que l’opposition parle de « portes tournantes » des prisons, soulignant que les arrestations se poursuivent alors que des détenus sont libérés.

Le leader du principal syndicat du pays, José Elias Torres, le directeur du média numérique Punto de Corte, Nicmer Evans, ou Melquiades Pulido Garcia, un dirigeant du parti de la prix Nobel Maria Corina Machado, ont été arrêtés depuis fin novembre.

Ces libérations pendant les fêtes surviennent alors que le pouvoir vénézuélien est sous la forte pression des Etats-Unis qui ont déployé une flottille de guerre dans les Caraïbes et ont durci les sanctions pétrolières contre le pays, saisissant au moins deux bateaux transportant du brut vénézuélien.

Le président américain, Donald Trump, a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une intervention américaine dans le pays, accusant le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. Le dirigeant vénézuélien dément et accuse les Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.

Lundi, le président américain a affirmé que les Etats-Unis avaient détruit ? sans la localiser ? une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, une possible première frappe terrestre depuis le début de cette campagne militaire. La légalité de cette campagne est largement remise en question par les experts.

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