La nuit vénézuélienne s’est brutalement illuminée, samedi 3 janvier vers 2 heures du matin (7 heures à Paris), quand de multiples explosions se sont produites dans la capitale, Caracas, et dans d’autres localités du pays. Plusieurs journalistes, notamment d’Associated Press et de l’Agence France-Presse, ont témoigné des lourds bruits entendus sur place, mêlés au survol d’avions à basse altitude.
Le gouvernement de Nicolas Maduro a dénoncé dans un communiqué, moins de deux heures après les premiers témoignages, une « très grave agression militaire », en accusant les Etats-Unis d’en être à l’origine. En pleine nuit américaine, Washington n’avait pas, en milieu de matinée à Paris, fait de commentaire.
L’ampleur exacte des dégâts était, samedi matin, complexe à estimer de manière indépendante, malgré la multitude d’images publiée par les habitants sur les réseaux sociaux. Dans son texte, Caracas évoque une action américaine « dans les localités civiles et militaires de la ville de Caracas, capitale de la République, et des Etats de Miranda, d’Aragua et de La Guaira », sans plus de précisions.
Ces déflagrations surviennent alors que le président américain, Donald Trump, qui a fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes, a évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et a affirmé que les jours du président vénézuélien, Nicolas Maduro, étaient « comptés ».
Il a déclaré lundi que les Etats-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux participant au narcotrafic au Venezuela, ce qui aurait été la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien. Le président Maduro s’était, lui, montré confiant lors d’une interview diffusée jeudi : « Le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires. »
Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément, reprochant aux Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.
Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé « l’attaque criminelle perpétrée par les Etats-Unis » contre le Venezuela et exigé une « réaction urgente de la communauté internationale », dans un message publié sur son compte X. « Alerte mondiale : le Venezuela a été attaqué ! », a réagi sur son compte X le président colombien, Gustavo Petro, en appelant les Nations unies et l’Organisation des Etats américains à « se réunir immédiatement ».