Si la science a su calculer la vitesse de la lumière, pourra-t-elle un jour calculer la vitesse de la sexualité ? On pourrait observer les périodes d’enthousiasme, les âges sombres, les phases de plateau, et bien sûr les accélérations ? comme celle que nous vivons en Occident depuis que les femmes ont acquis leurs libertés reproductives. Il faut dire que, depuis 1975, tout va vite, très vite, au point qu’apparaissent des « générations érotiques » aux codes parfois irréconciliables. Selon notre année de naissance, la panique des années sida paraît déterminante, ou incompréhensible. Le porno paraît libérateur, ou oppressif. Les sextoys paraissent sinistres, ou banals.
Parmi ces retournements culturels, la question du contrôle occupe une place grandissante. Il se trouve que, depuis quelques mois, j’anime des ateliers centrés sur les conditions idéales du désir. Concrètement, cela signifie que je rassemble quelques dizaines de personnes, dont les imaginaires vont se compléter mutuellement pour créer une utopie érotique. On s’écoute, on rigole, les ateliers sont complètement différents à chaque fois… jusqu’au moment où j’évoque les questions liées au contrôle.