En Ouganda, la vie cachée des jeunes homos

Ici et là, des signaux discrets émanent de la foule, comme d’imperceptibles messages. Un regard en coin, un clin d’œil. Ce samedi 22 novembre au soir, deux corps féminins se rencontrent et s’effleurent devant la scène principale du Nyege Nyege, le plus grand rendez-vous de musique électronique d’Afrique de l’Est, en Ouganda. En périphérie de la ville de Jinja, sur la rive nord du lac Victoria, cette banale scène sensuelle passe pour un acte de rébellion, de courage ou de folie.

Début 2023, à l’appel, entre autres, de l’Uganda Muslim Supreme Council (UMSC), la principale organisation chargée de régir l’islam en Ouganda, des manifestations de musulmans mais aussi de chrétiens se sont déroulées à travers tout le pays pour dénoncer l’homosexualité. Quelques mois plus tard, fin mai, le pays dirigé depuis quarante ans par le président Yoweri Museveni, 81 ans, a ratifié l’une des lois les plus répressives au monde à l’encontre des homosexuels.

Elle prévoit la peine de mort pour « homosexualité aggravée », soit tout rapport entre personnes du même sexe commis dans le cadre d’une relation de hiérarchie, d’autorité ou de contrainte.

Elle punit également jusqu’à vingt ans de prison la « promotion de l’homosexualité », incluant la publication ou le partage de contenu homosexuel en ligne. Enfin, la délation est encouragée, les peines encourues pour ceux qui s’y refusent pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Dans la foulée de la promulgation de la loi, arrestations sommaires et passages à tabac se sont multipliés.

Dans cette atmosphère de surveillance et de répression, le festival Nyege Nyege, qui se tient chaque automne, fait figure de rare parenthèse où les personnes homosexuelles osent encore s’afficher en public, même si la discrétion reste de mise.

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