Le président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, a comparu, lundi 5 janvier, pour la première fois devant un tribunal américain pour répondre aux accusations de narcoterrorisme proférées par l’administration américaine. Dans la nuit de vendredi à samedi, les Etats-Unis ont bombardé la capitale du Venezuela, Caracas, et ses environs, et ont mené une opération aboutissant à l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores.
Vêtus d’un uniforme carcéral bleu, Nicolas Maduro et Cilia Flores ont été conduits devant la cour vers midi, heure locale (18 heures, heure de Paris), pour une audience brève mais obligatoire qui devrait marquer le début d’une longue bataille judiciaire sur la question de sa mise en jugement aux Etats-Unis. Tous deux portaient des casques d’écoute afin de suivre la procédure en anglais, traduite simultanément en espagnol, selon les médias américains présents dans la salle, où les caméras n’ont pas été autorisées.
Nicolas Maduro et Cilia Flores avaient été transférés sous forte escorte armée tôt lundi depuis la prison de Brooklyn, où ils étaient détenus, vers un tribunal de Manhattan.
A l’ouverture de l’audience, le juge fédéral Alvin Hellerstein, âgé de 92 ans, a déclaré qu’il était de son devoir de garantir un procès équitable, si celui-ci devait avoir lieu. « C’est mon rôle et c’est mon intention », affirme-t-il, selon les médias américains présents à l’audience.
Il a ensuite demandé à Nicolas Maduro de décliner son identité. S’exprimant en espagnol, celui-ci s’est présenté en déclarant être « toujours le président » de la République du Venezuela, affirmant être à présent « kidnappé ». Le président déchu a ensuite déclaré qu’il tenait l’acte d’accusation « pour la toute première fois ». Le juge lui a proposé de le lui lire, ce que Maduro a refusé, préférant « le lire personnellement », selon son interprète.
A l’issue de l’échange, Nicolas Maduro a plaidé non coupable des ?quatre chefs d’inculpation – dont celui de narcoterrorisme – ?et a déclaré au juge : « Je suis innocent, je ne suis pas coupable (…) Je suis un homme respectable, le président de mon pays. »
Après la déclaration de son mari, Cilia Flores a également plaidé non coupable. Se présentant comme la « première dame de la République du Venezuela », elle a affirmé être « non coupable, totalement innocente ».
Selon les médias présents, les avocats de Nicolas Maduro et Cilia Flores ont déclaré qu’ils ne demandaient « pas de remise en liberté sous caution à ce stade », tout en précisant qu’une telle demande pourrait être formulée ultérieurement.
Barry Pollack, l’avocat de Nicolas Maduro, a ensuite déclaré qu’il pourrait déposer des requêtes concernant le statut de chef d’un Etat souverain de M. Maduro, ajoutant que « des questions se posent quant à la légalité de son enlèvement militaire ». Peu après, Barry Pollack a affirmé que son client souffrait de problèmes de santé nécessitant une prise en charge médicale. L’avocat de Cilia Flores a, pour sa part, déclaré que celle-ci présentait des blessures plus graves devant également faire l’objet de soins, sans fournir de détails.
En conclusion de l’audience, le juge Alvin Hellerstein a annoncé que la prochaine comparution aurait lieu le 17 mars. Les deux prévenus ont ensuite été reconduits hors de la salle d’audience. Alors qu’il quittait la pièce, le président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, a déclaré en espagnol : « Je suis un prisonnier de guerre. »