Ce billet est extrait de la newsletter hebdomadaire « Darons daronnes » sur la parentalité, qui est envoyée tous les mercredis à 18 heures. Vous pouvez vous inscrire gratuitement à cette newsletter en suivant ce lien.
Etre parent comporte des obligations inattendues. On sait qu’on va devoir se préoccuper du devenir d’un être humain fragile ; on devine qu’on va devoir adapter notre propre vie à la sienne. Ce qu’on anticipe moins, c’est l’envahissement de notre espace mental par des vétilles. Etre parent, au quotidien, ce ne sont pas de grands élans mais de minuscules tracasseries.
Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un trio infernal qui hante mes matinées : le maléfique « cache-cou-gants-bonnet ». Si vous êtes parent, vous n’y avez sans doute pas échappé. Chaque matin de novembre à avril, après soixante-douze autres injonctions inefficaces (« finis ta tartine ! », « fais tes lacets ! », « tu t’es brossé les dents ? »), je beugle à mes trois enfants sur le pas de la porte : « Mets ton cache-cou, ton bonnet, tes gants ! » Invariablement, ma vocifération se heurte à un mur d’indifférence crasse ou, dans les bons jours, à une réponse absurde : « J’ai pas froid. » Il fait ? 2 °C, la neige couvre le sol d’un épais manteau, et je regarde impuissante les prunelles de mes yeux partir doudoune ouverte, cou offert au vent et mains rougies.