Les forces de l’ordre sont intervenues, samedi 10 janvier, pour mettre fin au blocage du dépôt de carburant de Bassens, près de Bordeaux, par la Coordination rurale (CR) après la levée vendredi soir de celui d’Haulchin, près de Valenciennes (Nord).

Vers midi, des gendarmes mobiles casqués et munis de bouclier ont convergé pour faire reculer les militants du syndicat agricole, utilisant par moments des gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) présents sur place.

« On est en train de mourir, vous allez mourir aussi, on se fout de vous en haut », a lancé l’un d’entre eux aux forces de l’ordre. « J’espère que vous dormirez bien la nuit », a ajouté un autre, avant que les agriculteurs n’entonnent La Marseillaise.

Une heure plus tôt, une partie de la quarantaine d’agriculteurs installés devant les dépôts pétroliers, bloqués depuis mercredi soir, en étaient brièvement venus aux mains avec les forces de l’ordre qui ont ceinturé le rond-point. « On a des revendications et leur réponse c’est d’envoyer les Centaure [véhicules blindés de la gendarmerie], et ça fait trente ans que ça dure », a déploré Vincent Colineau, coprésident de la CR33.

Dans le Nord, la Coordination rurale a levé, vendredi vers 21 heures, le blocage de l’entrepôt pétrolier d’Haulchin qu’elle avait entamé dans la matinée, sous la pression des autorités, a déclaré à l’AFP Patrick Legras, président du syndicat agricole dans les Hauts-de-France. « C’est tendu, c’est très tendu, plus ça va et plus ils nous empêchent de manifester », a-t-il regretté.

En Occitanie, des barrages ont aussi été levés sur des axes routiers, notamment dans les Hautes-Pyrénées, même si le barrage de l’A64 au sud de Toulouse, actif depuis une vingtaine de jours à l’initiative des Ultras de l’A64 menés par l’éleveur haut-garonnais Jérôme Bayle, reste en place. Ils sont imités au Pays basque par les Ultras de l’A63, qui ont mis en place vendredi un barrage à hauteur de Bayonne, toujours en place samedi matin, selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

Vendredi soir, une centaine d’agriculteurs et 80 engins ont également convergé à l’appel de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) vers Montauban (Tarn-et-Garonne), où la préfecture a déploré « plusieurs déversements et dégradations », avec feux de palettes et de ballots de paille.

Tous les syndicats agricoles protestent contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur qui sera signé le 17 janvier au Paraguay. La CR et la Confédération paysanne dénoncent aussi la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole en décembre dans le Sud-Ouest.

La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a annoncé, vendredi, « un paquet de mesures agricoles » de 300 millions d’euros visant à répondre à la colère des agriculteurs, avec un doublement du fonds d’indemnisation de la DNC et d’autres mesures égrenées ces dernières semaines (sur les engrais ou l’aide à l’arrachage des vignes).

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