Depuis plus de quarante-cinq ans, le régime de la République islamique d’Iran exerce une répression systématique sur la population iranienne. Pourtant, les Iraniennes et les Iraniens n’ont jamais cessé de faire entendre leur voix avec courage. Des manifestations étudiantes de 1999 aux soulèvements de 2009, 2017, 2019, jusqu’au mouvement Femme, vie, liberté né après l’assassinat de Mahsa Amini en 2022, une évidence s’impose : la société iranienne rejette l’autoritarisme religieux de la République islamique, qui opprime, discrimine et nie la dignité humaine.
A ce rejet massif, le pouvoir répond par des arrestations arbitraires, le recours à la torture, des procès expéditifs et des exécutions (plus de 1 500 en 2025, selon l’ONG Iran Human Rights), n’épargnant aucune couche de la population. Toute opposition est accusée de collusion avec « l’ennemi extérieur », accusation servant à justifier la peine de mort.
Depuis quinze jours, le peuple iranien est de nouveau descendu massivement dans la rue pour réclamer la liberté et un changement de régime. Depuis plus de 80 heures, le pays est coupé du monde par un blocage quasi total d’Internet, selon l’organisation NetBlocks, qui surveille et signale les coupures d’Internet et la censure en ligne dans le monde, de même que les lignes téléphoniques internationales.
Les autorités répondent, comme à leur habitude, par une violence inouïe : au moins 2 000 manifestants auraient été tués (dont des mineurs) et les arrestations sont innombrables selon l’organisation Iran Human Rights, tandis que d’autres sources font état de bilans nettement plus élevés. Les forces de l’ordre et les milices tirent à balles réelles sur les manifestants, les blessés sont arrêtés jusque dans les hôpitaux, le personnel soignant est menacé et violenté lors d’attaques contre les structures de soins.