Barrage filtrant au port du Havre, blocage à Bayonne de l’A63 reliant Bordeaux à la frontière espagnole, manifestations dans le centre de l’Irlande et dans les rues de Varsovie, tracteurs entravant les axes routiers belges dans les provinces de Liège, Namur et du Brabant wallon…
En amont puis au long du week-end du 10 et 11 janvier, des agriculteurs européens ont multiplié les actions plus ou moins symboliques pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur, qui doit être signé au Paraguay le 17 janvier, après l’accord de l’Europe donné vendredi 9 janvier. Un accord susceptible de bousculer l’agriculture européenne, fragilisée dans nombre de pays membres par les crises qui se sont succédé ces dernières années.
Les inquiétudes exprimées par les agriculteurs pourraient le faire oublier : la France reste la première puissance agricole européenne. Une position confirmée en 2024, selon les données publiées par le ministère de l’agriculture. Même si cette année-là, avec la faiblesse de la récolte céréalière et de la vendange, pénalisées par une météo défavorable, le montant de la production agricole française était en retrait, à 77,1 milliards d’euros – un chiffre qui s’entend sans apport des subventions de la politique agricole commune (PAC). La part de la production agricole tricolore dans celle des Vingt-Sept s’est donc un peu effritée, à 16,2 % contre 18 % en 2023. Les moissons ayant été plus généreuses l’été passé, ce montant devrait rebondir à 92,4 milliards d’euros en 2025.