La lutte contre le piratage des matchs de foot peut-elle conduire à la censure ? Cette question est au cœur du bras de fer opposant l’entreprise américaine de services Internet Cloudflare avec le régulateur italien des télécommunications. L’occasion pour une entreprise de tech américaine de donner, une nouvelle fois, des leçons de démocratie aux Européens.
Vendredi 9 janvier, Matthew Prince, le directeur général de Cloudflare, a menacé sur le réseau social X de retirer tous ses serveurs d’Italie et de « mettre fin aux services de cybersécurité » offerts aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Le dirigeant ne décolère pas après s’être vu infliger une amende de 14 millions d’euros ? près de deux fois ses revenus dans la Péninsule ? par le régulateur de l’audiovisuel italien pour des manquements en matière de lutte contre le piratage.
Parce que 20 % du trafic mondial d’Internet est censé passer par ses réseaux, Cloudflare est sous pression dans de nombreux pays pour faire la police du Net. Un rôle qu’il accepte peu à peu d’endosser, avec une ligne rouge : pas question de toucher à son sacro-saint DNS (Domain Name System), cet annuaire téléphonique du Web. C’est lui qui traduit les noms de domaine en adresse IP afin que les navigateurs puissent charger les pages demandées.