Il avait promis de faire de sa cellule « un espace de lutte ». Ayachi Hammami a achevé dimanche 11 janvier au soir son 40? jour de grève de la faim. Incarcéré depuis le 2 décembre 2025, l’avocat tunisien de 66 ans réclame sa libération et appelle l’opposition à s’unir contre la « dictature » du président Kaïs Saïed.
« Son état est stable et il bénéficie d’un suivi médical, mais nous entrons dans une phase critique où sa santé peut se détériorer à tout moment », alerte sa fille, Fida Hammami, précisant qu’il demeure pour le moment « déterminé à poursuivre sa grève ».
Condamné en appel, le 27 novembre 2025, à cinq ans de prison dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’Etat », qui vise plusieurs figures de l’opposition, Ayachi Hammami a été arrêté à son domicile quelques jours plus tard. Il a ainsi rejoint la longue liste des opposants emprisonnés depuis le coup de force du 25 juillet 2021, lorsque M. Saïed s’est arrogé les pleins pouvoirs.
Figure historique du militantisme tunisien, Ayachi Hammami s’est engagé dès la fin des années 1970 dans l’action syndicale. D’abord enseignant, il est renvoyé en raison de ses activités militantes, avant de se tourner vers le droit et de devenir avocat au milieu des années 1990.