A Alep, en Syrie, le pouvoir reprend le contrôle des quartiers kurdes

Autour de l’hôpital Khaled-Fajr, au cœur du quartier Cheikh-Maqsoud à majorité kurde, les traces des combats sont encore visibles. Des chars démolis, des débris de béton et de ferraille, des grenades et des roquettes gisent partout dans ce quartier d’Alep. Ici, les combats ont opposé pendant cinq jours, jusqu’à samedi 10 janvier au soir, les forces de sécurité de la métropole du nord de la Syrie aux combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) qui s’étaient retranchés dans ce secteur. « Il est interdit d’entrer, dit un membre de la sûreté générale, qui sécurise le quartier avec la police militaire. Les FDS ont tout miné, les portes et les fenêtres, des jouets d’enfants et même des corans. »

Terrée dans son appartement à quelques rues de là, Fatma Hussein a vécu au bruit des bombardements, avec son mari et leurs quatre enfants. « J’ai accepté mon destin. Je ne voulais pas fuir. Il y a eu beaucoup de combats dans notre rue. Les bombardements pleuvaient comme la pluie. Un char des forces gouvernementales a été détruit ici, montre la femme kurde de 42 ans. Les Asayiches [forces de sécurité intérieure kurdes] se sont dispersés au sein de la population. Ils avaient mis des snipers dans la rue. » Son oncle Ramadan Hamza affirme qu’ils ont tenté d’empêcher les civils de fuir le quartier.

Lorsqu’elle est sortie pour la première fois de chez elle, dimanche, après la déclaration de victoire des autorités de Damas, Fatma Hussein a vu des cadavres dans la rue. « Des cadavres de civils jonchaient les rues. Les combattants, on ne les a pas vus. Des familles sont encore portées disparues », dit la Syrienne. Elle assure ne pas être inquiète par la reprise en main du quartier par les forces gouvernementales. « On veut vivre en paix et en sécurité dans une Syrie unie. Ceux qui craignent Dieu et nous traiteront comme des citoyens à part entière, je veux bien leur faire confiance. Ils ont même promis que les personnes affiliées aux FDS, qui déposeraient les armes et consentiraient à une réconciliation pourront retourner à la vie civile », ajoute-t-elle.

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