Jeudi 15 janvier, en Ouganda, de nombreux bureaux de vote ne sont toujours pas ouverts, plusieurs heures après le début officiel des élections présidentielle et législatives. Le vote est « délibérément » retardé, a dénoncé le parti de l’opposant Bobi Wine. Ce dernier va tenter d’empêcher le président, Yoweri Museveni, d’effectuer un septième mandat.

A Kampala, « le seul endroit où le vote a démarré à 7 heures est là où les militaires [soutiens du pouvoir] votent », s’est indigné David Lewis Rubongoya, le secrétaire général de la Plateforme de l’unité nationale (NUP), interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), « ailleurs, il n’y a pas de vote ». Le matériel de vote « n’est pas arrivé dans 99 % des [bureaux de vote] », a-t-il poursuivi, dénonçant une action « délibérée » du gouvernement. L’avocat de Bobi Wine, George Musisi, lui-même candidat aux législatives, a dénoncé des retards « délibérés afin de garantir un taux de participation très faible ».

En milieu de matinée, des journalistes de l’AFP ont constaté que certains électeurs votaient enfin après une longue attente, mais que les machines biométriques censées vérifier leur identité connaissaient des difficultés, potentiellement liées au blocage d’Internet imposé par les autorités jusqu’au 15 janvier. Le président sortant, M. Museveni, a admis avoir lui-même rencontré des difficultés à voter jeudi.

« J’ai mis l’empreinte de mon pouce droit. La machine ne l’a pas acceptée. Alors j’ai mis le gauche. Elle ne l’a pas acceptée », mais « mon visage a été accepté par la machine », a-t-il raconté lors d’une conférence de presse, ajoutant que « les machines fonctionnaient dans certains endroits, mais pas dans d’autres ».

« Nous constatons un retard dans l’ouverture des bureaux de vote. Le dispositif censé identifier les électeurs est en panne », a fait savoir à l’AFP un observateur du scrutin à Jinja (est), disant avoir des retours identiques de ses collègues dans d’autres parties du pays. « Nous ne pouvons pas dire si c’est volontaire ou s’il s’agit d’une panne technique généralisée », a-t-il poursuivi.

Ce scrutin de jeudi pourrait être une formalité pour le président sortant, Yoweri Museveni, ex-guérilléro âgé de 81 ans qui contrôle totalement l’appareil électoral et sécuritaire après six mandats. Le vote se déroule dans un climat « marqué par une répression et une intimidation généralisées », a pointé l’ONU.

Au moins 400 partisans de Bobi Wine ont été arrêtés durant la campagne, selon Amnesty International. L’opposant a pris l’habitude de porter un gilet pare-balles.

L’autre grand chef de l’opposition, Kizza Besigye, qui s’est présenté à quatre reprises contre M. Museveni, a été enlevé en 2024 au Kenya et est réapparu devant une cour martiale en Ouganda. Il reste détenu pour des accusations de trahison.

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