Epidémies de diarrhée, typhoïde, présence de métaux lourds… Chaque année en Inde, l’eau du robinet empoisonne des milliers de personnes et en tue des dizaines. Le dernier drame en date a coûté la vie à une vingtaine d’habitants d’un quartier défavorisé de la ville d’Indore, dans l’Etat du Madhya Pradesh, entre fin décembre 2025 et les premiers jours de janvier. Cette contamination des eaux, qui a envoyé au moins 200 personnes à l’hôpital et en a rendu quelque 2 000 autres malades, a eu lieu dans la ville pourtant considérée comme la plus propre du pays.
Les causes officielles de cette pollution n’ont pas été officiellement dévoilées. Initialement, les autorités soupçonnaient les toilettes d’un poste de police, construites au-dessus d’une canalisation et qui fonctionnaient sans fosse septique. Mais, dans le quartier touché, les canalisations d’eau courante passent aussi à proximité d’un réseau d’égouts vieillissants. Les eaux usées se seraient ainsi mélangées à l’eau du robinet.
« L’eau a été contaminée par des excréments, et ce qui s’est produit n’est malheureusement pas un accident, c’est de la négligence criminelle et de la défaillance systémique, car les infrastructures sont délabrées, et la gestion des eaux usées complètement défaillante à travers le pays », regrette Vimlendu Jha, militant de la cause environnementale et fondateur de l’ONG Swechha (« libre volonté », en sanskrit).