Francisco Monaldi est spécialiste des questions énergétiques en Amérique latine et titulaire de la chaire Wallace-S.-Wilson à l’université Rice, à Houston (Texas), où il dirige le programme sur l’énergie au sein de l’Institut Baker de politique publique.
Les compagnies américaines ont joué un rôle central, car, au début du XXe siècle, le Venezuela n’avait pas les moyens techniques d’exploiter seul ses immenses réserves pétrolières. La première firme à s’installer dans le pays n’est toutefois pas américaine, mais anglo-néerlandaise : la Royal Dutch Shell, dès 1914. Elle est suivie des américaines Standard Oil of New Jersey [future ExxonMobil] et Gulf Oil [future Chevron]. A elles trois, elles contrôlent bientôt plus de 80 % de la production pétrolière du pays. Le reste était aux mains de petites entreprises étrangères. Toutes bénéficiaient de conditions très avantageuses : les concessions étaient de longue durée, et les royalties ne dépassaient pas 7 %. A l’époque, c’était la norme partout dans le monde.