Minneapolis, nouvel épicentre de la révolte contre Donald Trump : « L’ICE ne s’attendait pas à ça »

Derrière les vitres teintées du SUV, on distingue deux hommes masqués. Il s’agit bien d’un véhicule de l’ICE, la police fédérale de l’immigration, garé dans une petite rue résidentielle de Minneapolis-Saint Paul, vendredi 16 janvier. Le tintamarre commence. Malgré le froid polaire et la neige qui tombe à gros flocons, les voisins sortent de chez eux, montrent le véhicule du doigt aux passants, apostrophent les agents à bord : « Cassez-vous d’ici bande de nazis. » Une femme met sa voiture en travers de la rue pour leur bloquer la sortie pendant quelques minutes. « Ils ciblent une famille qui habite dans le quartier », assure une autre.

Le mot passe sur les nombreuses boucles de messagerie, consacrées à la surveillance des activités de l’ICE, qui ont fleuri ces derniers jours dans le Minnesota. D’autres habitants débarquent, munis de sifflets. A l’intérieur de l’un des véhicules, un agent prend des photos des personnes présentes. Un autre fait un geste obscène avec sa bombe lacrymogène. Le manège dure deux heures. Les agents finissent par partir.

Ainsi vont désormais les journées à Minneapolis et à Saint Paul, les « villes jumelles », qui vivent, depuis décembre, au rythme de l’opération « Metro Surge », le déploiement de 2 000 agents fédéraux de l’immigration. Depuis la mort de Renee Good, une mère de famille de 37 ans, abattue mercredi 7 janvier au volant de sa voiture par Jonathan Ross, un policier de l’ICE, quelque chose de nouveau se cristallise dans l’atmosphère glacée du Minnesota. Les habitants s’organisent, protestent, pistent les agents, résistent à coups de sifflet. La presse de tout le pays est là, qui tourne en voiture dans les rues à l’affût des interventions en cours.

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