« Pas touche au Groenland, Trump ! » : de Nuuk à Copenhague, des milliers de manifestants contre la volonté d’annexion de l’île inuite

Très inhabituelle en cette saison, la petite pluie fine qui s’est abattue sur Nuuk, la capitale du Groenland, n’a pas découragé ses habitants de manifester contre Donald Trump et sa volonté affichée de prendre le contrôle du territoire autonome sous souveraineté danoise. Pacifiques mais déterminés, ils étaient très nombreux, samedi 17 janvier, à s’être rassemblés pour dire « non » au projet trumpien. « La moitié de la ville est là », assurait en regardant la foule la militante pour les droits des peuples autochtones inuits Najannguaq Hegelund. Au même moment au Danemark, des milliers de personnes réunies à Copenhague – 15 000 selon les organisateurs – et dans plusieurs autres grandes villes, à Aalborg, Aarhus et Odense, scandaient le même slogan : « Le Groenland n’est pas à vendre ». Et plus encore : « Trump, pas touche au Groenland ! »

Les Groenlandais avec, en tête de cortège, leur premier ministre, Jens-Frederik Nielsen, ont marché depuis le centre-ville de Nuuk sur les routes verglacées jusqu’au consulat américain. Employés d’hôtel, personnels hospitaliers, ouvriers ou salariés de la pêcherie, en famille, chacun portait l’emblème Erfalasorput, le drapeau national, un demi-cercle rouge sur fond blanc et un demi-cercle blanc sur fond rouge. La danse et le chant du quilaat (tambour), traditionnels dans la culture inuite lors d’événements – ou pour régler un conflit – ont donné le signal du départ.

La marque de fabrique trumpienne MAGA (Make America Great Again, « rendre sa grandeur à l’Amérique ») est détournée en « Make America Go Away » (« faites partir l’Amérique »). Un homme brandit une pancarte avec le portrait du président des Etats-Unis et de ses proches barrée d’un « Pas de migrants ». « C’est notre terre, nous ne voulons pas des Américains », affirme Selik Enoksen, venu avec son épouse, étudiante, et leur bébé de 2 ans. « Nous sommes fatigués des méthodes de Trump », pointe, de son côté, Angutitsiaq, un autre jeune père de famille avec sa petite fille de 3 ans sur les épaules. Né dans le nord-est de l’île inuite, cet instituteur de 37 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, privilégie l’idée d’un partenariat danois : « Nous devons collaborer avec le Danemark pour préserver et développer notre pays. »

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