Le mot de trop a été prononcé le 24 avril 2025 par Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, au cours du colloque Time 100. Il y avait qualifié le cinéma de « business démodé », soulignant que « les gens préfèrent voir les films chez eux ». Autant dire que depuis l’annonce, le 5 décembre 2025, de son intention de racheter Warner Bros Discovery pour 83 milliards de dollars (70,1 milliards d’euros), les exploitants de cinéma sont remontés. Cinema United, l’association des exploitants de cinémas américains qui représente 31 000 écrans dans 50 Etats et 30 000 à l’international, a exprimé ses craintes dès l’annonce de la fusion. Depuis, elle a adressé, le 7 janvier, ses griefs à la commission chargée des relations antitrust de la Chambre des représentants.
« L’acquisition de Warner Bros par Netflix aura un impact négatif direct et irréversible sur les salles de cinéma du monde entier », alerte l’association. Cette fusion « consolidera davantage le contrôle de la production et de la distribution de films dans les mains d’une seule plateforme de streaming mondiale dominante, dans un marché déjà fortement concentré ». Cette ligne est également défendue par la Directors Guild of America, le syndicat des cinéastes américains dirigé par Christopher Nolan, et la très puissante Producers Guild of America. Cinema United redoute « un préjudice substantiel » pour la vie culturelle américaine « en mettant en péril l’avenir des cinémas locaux ainsi que des petites entreprises environnantes ». Pour chaque dollar dépensé en salle, 1,5 dollar l’est dans l’économie locale, assure l’association.