La primaire, c’est sans lui. Mais le dernier score du Parti socialiste (PS) à une élection nationale ? les élections européennes (13,8 %) ?, c’était avec lui. Conscient de ce dilemme chez les socialistes, Raphaël Glucksmann veut les convaincre d’abandonner la primaire de la « gauche unitaire » pour une plateforme résolument sociale-démocrate.

Ce week-end, le projet de primaire des « unitaires », réunis autour d’Olivier Faure (PS), de Marine Tondelier (Les Ecologistes) et des anciens « insoumis » Clémentine Autain (L’Après) et François Ruffin (Debout !) sous le nom « Front populaire 2027 », a pris forme avec un scrutin annoncé pour le 11 octobre 2026. Et les organisateurs continuent de tendre la main aux deux candidats de gauche en tête dans les sondages, qui refusent catégoriquement de participer à ce processus de désignation : Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. En vain.

Lundi sur BFM-TV, le fondateur de Place publique, crédité d’environ 13 % des intentions de vote, a redit son refus de participer à un processus qui, selon lui, « est une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche » : la social-démocratie et la gauche radicale. Il a appelé ses « partenaires socialistes » à construire une « plateforme commune ». Pas suffisant pour convaincre la direction du parti à la rose.

Lors d’une conférence de presse lundi matin, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a appelé à construire « un fil de cohérence pour les Français » et a estimé qu’en 2027 le PS devait se présenter devant les électeurs avec les mêmes partenaires de gauche ? notamment Les Ecologistes ? que pour les municipales de mars. « A la fin, on a une obligation, c’est d’y aller tous ensemble, sinon nous serons spectateurs de cette élection présidentielle », a martelé le bras droit d’Olivier Faure, alors que les soutiens de la primaire espèrent qu’elle créera une dynamique permettant à son vainqueur de bénéficier du « vote utile » à gauche.

« Pour [Raphaël] Glucksmann, l’intuition de se passer de la primaire, je peux la comprendre, mais il faut qu’il instaure un truc avec les Français », note de son côté un proche du patron des députés PS, Boris Vallaud, dont l’aile est charnière pour faire ou défaire une majorité au PS. Car le PS est divisé sur la question de la participation à la primaire. Ce week-end, Olivier Faure a rappelé que, conformément à ses règles internes, le PS, seul à gauche à avoir dirigé le pays, ne s’engagerait formellement dans le processus de primaire qu’après un vote des militants.

Les opposants internes au premier secrétaire, dont le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, et la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, ne sont pas favorables à cette primaire, craignant que le vote des militants unitaires de gauche ne profite pas à un socialiste.

Carole Delga, qui a récemment jugé dans Le Point que Raphaël Glucksmann était « prêt pour 2027 », a ainsi réagi samedi en appelant à mettre fin aux « petites tractations d’appareils ». « Le projet est le préalable à toute union crédible, solide et sérieuse. Après viendra le temps de savoir qui le portera dans un large rassemblement », a-t-elle rappelé.

L’ancien président François Hollande, à qui ses adversaires prêtent des ambitions élyséennes pour 2027, penche également pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot.

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