Avant le top départ de la fashion week haute couture, prévue pour durer du 26 au 29 janvier à Paris, Jacquemus et Patou ont profité de l’après-midi du dimanche 25 janvier pour révéler des collections de prêt-à-porter féminin ou mixte.

Après des années à défiler ailleurs qu’à Paris, ou en décalé, Jacquemus finit par apprécier la régularité que procure le défilé parisien officiellement inscrit au calendrier de la semaine de la mode. Cette saison, il renoue avec le musée Picasso, où il avait déjà pris ses quartiers en septembre 2017. A l’époque, la collection s’appelait « La Bomba », l’actuelle est baptisée « Le Palmier », et sur la foi du lieu et de la légèreté lexicale, on pourrait presque croire que rien n’a changé. Pourtant, en un peu plus de huit ans, les ambitions de Simon Porte Jacquemus ont eu le temps d’évoluer. Et sa garde-robe avec.

En 2024, il est devenu père – et c’est le palmier dans les cheveux de sa fille qui lui ont inspiré le titre et les coiffures du défilé. Depuis deux ans, sa marque cherche moins à s’adresser aux jeunes filles – qui ont pourtant contribué à sa fortune en achetant nombre de sacs Chiquito – qu’à leurs mères. Ou, en tout cas, à des femmes qui revendiquent une sensualité glamour, et qui ont les moyens de s’offrir de beaux vêtements fabriqués en Italie.

Cette collection propose donc toute une gamme de tailleurs avec des épaules arrondies, une taille marquée, une jupe midi étroite et volantée. Cette silhouette fifties est complexifiée par des basques créant du volume à l’avant des cuisses ou au-dessus des hanches ; elle est épaissie par le choix des matières, qu’il s’agisse des laines piquées de plumes, de cuir épais ou du shearling.

Des looks plus légers, des robes moulantes ou transparentes, frappées d’un imprimé confetti ou d’une ribambelle de pois, avec des poches centrales dans lesquelles les mannequins plongent leur mains comme dans un sweat à capuche, sont à la fois plus simples et plus flatteuses. Il y a fort à parier que les clientes, surtout si elles sont un peu plus âgées, préféreront les formes qui les mettent en valeur.

La tâche de Guillaume Henry, directeur artistique de Patou depuis 2018, n’est pas simple. Si cette maison modeste a l’appui de LVMH auquel elle appartient, son esthétique n’a pas fait l’objet d’un culte comme celui de sa contemporaine Gabrielle Chanel et son héritage n’a pas eu droit à la même préservation patrimoniale. Cette saison, sans se départir de tics (cols acérés, volumes arrondis, distinction BCBG un brin seventies), le designer imagine un vestiaire versatile qui ne sacrifie pas l’expérimentation sur l’autel du pragmatisme commercial (incarné par des jeans, cuirs ou mailles faciles).

« J’avais envie de m’amuser », dit Guillaume Henry qui a puisé dans des références médiévales. Il emprunte des « couleurs gourmandes », ocres, oranges ou verts, aux peintures de Bruegel l’Ancien et crée, pour l’impression d’une robe en soie ou le dévoré d’un fourreau noir, d’étonnants motifs d’après des marginaliums, ces libres annotations que les moines copistes laissaient dans la marge de leurs manuscrits.

Ces recherches croisent des essais plus contemporains. « Avec mon équipe, on s’est emparés de restes de doublures, de chutes de coton ou de velours, pour en faire des collages ludiques façon Poliakoff avant de les smocker », explique-t-il des fils rouges de la collection, des tops et robes chamarrés qui épousent le corps. Avec cet essai plus complet et plus léger qu’à l’accoutumée, Patou gagne en épaisseur.

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