Bien qu’il faille être vraiment benêt pour se faire prendre par la patrouille, des dizaines de joueurs et éducateurs membres de clubs de football professionnel y parviennent chaque année. Jeudi 15 janvier, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a suspendu 35 d’entre eux et a rappelé à l’ordre 36 autres pour avoir enfreint l’interdiction de parier sur des matchs.
La liste ne comprend que des inconnus, surtout des jeunes ayant misé en leur nom et identifiés par le biais d’un simple croisement de fichiers. Comme il suffit d’utiliser le compte d’un proche pour rester sous les radars, on peut imaginer l’ampleur d’un phénomène contre lequel la LFP a annoncé un programme de lutte, vendredi 23 janvier.
En partenariat avec l’Association de recherche et de prévention des excès du jeu et l’Union nationale des footballeurs professionnels, le syndicat des footballeurs, il s’agit de « renforcer la prévention des addictions aux jeux d’argent dans le football professionnel » et de « protéger les joueurs et préserver l’intégrité des compétitions ». Si la Ligue n’entend pas protéger également les autres parieurs, ce n’est pas seulement pour une question de prérogatives.
Le football professionnel est lui-même sujet à une dépendance aux paris sportifs. Les opérateurs comptent parmi ses principaux sponsors ; leurs logos prolifèrent sur les maillots et les panneaux publicitaires ; leurs spots émaillent toute retransmission de match ; et leurs influenceurs quadrillent les réseaux sociaux.
Ils parrainent aussi les compétitions. Betclic a été « partenaire officiel » de la Ligue 1 de 2020 à 2025, donc de la LFP, et l’est de la Fédération française de football pour la Coupe de France, les équipes de France et la première Ligue féminine. En 2025, la LFP souhaitait faire passer de 1 % à 2 % le « droit au pari », la part des mises qui lui est reversée… Par ailleurs, elle s’est liée avec Mon petit gazon, l’un de ces jeux de pronostics qui constituent un parfait outil d’initiation aux paris sportifs.