Ils sont rares, les artistes de dancehall français qui arrivent à remplir l’Olympia, à Paris. Le Martiniquais Kalash, habitué des grandes scènes, fait partie de ceux-là. Moins connu dans l’Hexagone mais populaire en Europe du Nord et en Amérique latine, le Francilien Blaiz Fayah y joue samedi 31 janvier à guichets fermés, avant de publier, au printemps, son nouveau disque, après le remarquable Shatta Ting, sorti en février 2025. Avec la chanteuse Maureen, il est l’autre ambassadeur du shatta, ce dérivé du dancehall jamaïcain (version numérique du reggae) produit en Martinique. Cette musique de night-club, à la basse omniprésente et à la cadence hypnotique, continue de déferler sur la France avec des chansons telles que Shatta Confessions, de Meryl et N’Ken, et La Belette, de Kamelon et Mikado, certifiées toutes deux, cette semaine, single de platine (plus de 100 000 exemplaires vendus). Le chanteur francilien popularise, lui, cette rythmique depuis 2018, année où son titre, Best Gyal (« meilleure fille », en patois jamaïcain), connaît un succès inattendu en Amérique centrale.
Assis devant la console de son studio d’enregistrement, Blaiz Fayah commente : « Je ne sais pas comment ce morceau est arrivé jusqu’au Costa Rica, TikTok n’était pas encore aussi utilisé. Depuis, j’ai sorti plein d’autres chansons et c’est la septième fois que j’y joue. La dernière fois devant 5 000 personnes, et c’était fou. » Le 12 mars, il sera de nouveau à San José, au Costa Rica, puis au Panama, au Chili et en Colombie. Son succès n’est pas dû au hasard. Blaiz Fayah, c’est un peu le Jul du dancehall français. Il produit beaucoup de chansons, s’enregistre seul, mixe et masterise ses propres morceaux, et il est à l’écoute de toutes les nouvelles tendances aux Antilles.