L’herbe est soudain plus verte pour les éleveurs bovins. Les prix de leur cheptel, des veaux aux broutards, en passant par les jeunes bovins, les bœufs, les vaches allaitantes et même les vaches laitières de réforme, retrouvent du poil de la bête. A l’été 2025, le cours de la viande bovine, montant versé au producteur, est passé au-dessus des 6 euros le kilo. La cote du bœuf est au plus haut.
« Je n’avais jamais vu cela. Le prix a longtemps été proche des 3 euros le kilo », réagit Philippe Chalmin, professeur émérite à Paris-Dauphine et codirecteur du cercle CyclOpe, observatoire des matières premières, qui a publié, mercredi 28 janvier, son bilan et ses prévisions. Dans son bilan 2025, la viande bovine apparaît d’ailleurs dans le haut du tableau des plus fortes hausses. Bien que devancée, sans surprise, par la folle envolée de l’or (+ 44 %), de l’argent (+ 41 %) ou du café (38 %).
Côté européen, le kilo de carcasse s’est apprécié en moyenne de 31 % sur un an, selon les calculs de CyclOpe, quand, de l’autre côté de l’Atlantique, au pays des cow-boys, la progression est de 18 %. La flambée du prix du bœuf ne se limite pas, en effet, au seul marché français, elle est quasi généralisée. « Aux Etats-Unis, la hausse est le résultat de la sécheresse qui a frappé les grandes plaines américaines. En Europe, elle s’explique par le phénomène de décapitalisation », explique Philippe Chalmin.