Perché dans le petit kiosque posé sur les toits au-dessus du boulevard Saint-Germain, Franck Audoux regarde Paris bouger. Barbe poivre et sel, cheveux rejetés en arrière, uniforme de travail – une veste d’ouvrier, un pantalon et des baskets, tout en noir –, il explique ce qui se trame ici, le soir venu. A la nuit tombée, un projecteur diffuse de vieux films sur le mur de l’immeuble. Et la cabane d’altitude se transforme, ce qui l’amuse beaucoup, en l’un des plus petits cinémas en plein air du monde.

Ce kiosque n’est pas un caprice architectural. Il est l’ultime étage de Cravan, un bar à cocktails qui ne ressemble à aucun autre. D’abord parce qu’il y est question de déambulation, qu’on y circule verticalement, d’espace en espace, comme on descendrait le niveau d’un verre. Ensuite, parce que chaque étage constitue un bloc autonome, un collage assumé de styles, d’époques, de références, d’ambiances.

Le rez-de-chaussée est un hommage au « petit » Cravan originel, celui que Franck Audoux a ouvert en 2018, à la place d’un ancien bar du 16e arrondissement, avec comptoir traditionnel, chaises de bistrot Michael Thonet et banquettes matelassées. Le style Belle Epoque presque rassurant contraste avec les menuiseries du XVIIe siècle conservées du bâtiment. Au-dessus, un bar en marbre bicolore, des lames de miroirs, une atmosphère de drugstore théâtral où les reflets fragmentent l’espace.

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