La ponceuse fait partie des incontournables de l’arsenal d’un bricoleur. Elle est presque indispensable pour égaliser des surfaces abîmées, pour lisser des ajustages imparfaits, pour faire disparaître peintures et vernis. L’alternative, le frottement manuel avec une cale et du papier de verre, est particulièrement fastidieuse. Les modèles triangulaires permettent de lisser les meubles, les portes, les fenêtres ou les volets jusque dans les angles, afin par exemple de préparer leur peinture ou leur traitement – voire de poncer occasionnellement de petites surfaces de plâtre. Vous trouverez des centaines de ponceuses triangulaires sur Internet. Nous en avons sélectionné onze afin de les tester et de les comparer en détail, en étudiant leur construction, leur prise en main, leur efficacité, et leur gestion des poussières – notamment la possibilité de leur raccorder un aspirateur « eau et poussières » afin d’éliminer l’essentiel des particules qui se déposeraient sans cela partout dans la pièce.
Simple et très performante malgré sa puissance limitée, la PSM 100 A est plus compacte et légère que les autres modèles, tout en offrant une surface de ponçage équivalente. Elle est particulièrement indiquée pour le travail en hauteur ou en suspension, ce qui en fait un modèle plus polyvalent que les autres gagnants de ce comparatif. Sa semelle est divisée en deux parties, qui accueillent chacune un morceau de papier abrasif distinct. La partie avant est montée sur un scratch puissant : on peut la faire tourner facilement pour repositionner le deuxième angle du papier de verre – moins usé – à l’avant, puis le troisième. Attention, sa poignée est plus adaptée aux petites mains qu’aux grandes. Et si vous disposez d’un aspirateur eau et poussières dédié au bricolage, l’adaptateur n’est pas fourni. Les fins bricoleurs pourront être tentés d’en improviser un, mais la tâche ne sera pas facile car la buse du bac récupérateur est courte et étroite.
Elle n’offre ni les accessoires les plus variés, ni le meilleur système d’aspiration, ni les finitions les plus flatteuses. Mais c’est de loin le meilleur rapport qualité prix de ce comparatif. Pour un tarif d’entrée de gamme, cette ponceuse triangulaire assure un ponçage puissant et rapide. Sa poignée imposante offre une bonne prise en main, en particulier pour travailler à plat sur un établi ou ponctuellement en suspension. Elle utilise des abrasifs standards et elle est livrée avec une lame à persiennes, un bac de récupération et un adaptateur pour aspirateur. Un peu lourde, elle n’est en revanche pas notre premier choix pour travailler à la verticale ou en hauteur.
Plus pratique pour les recoins difficiles d’accès, cette ponceuse delta puissante et relativement légère offre en plus un variateur de vitesse aux utilisateurs plus expérimentés.
Les ponceuses delta classiques peuvent plus facilement accéder aux recoins, mais elles sont plus délicates à utiliser. Einhell a réussi à compenser en partie leurs inconvénients en dessinant une poignée assez fine qui offre une excellente préhension, à une main comme à deux mains, et en recentrant les masses vers l’avant avec un adaptateur pour aspirateur latéral. Moins polyvalente que nos autres favorites, c’est en revanche un outil de choix pour faire les finitions de chambranles ou le travail au fond d’un meuble.
Ayant grandi à la campagne, j’ai vite appris qu’il valait mieux pouvoir réaliser soi-même les menus travaux de la vie courante, tels que les peintures ou les petites réparations. Perceuse, visseuse et consorts faisaient alors partie du quotidien. Puis, mes parents ont acheté une maison à rénover en profondeur. Il a alors fallu créer un escalier, aménager un grenier, concevoir et fabriquer du mobilier sur mesure… et découvrir de nombreux nouveaux outils, de la scie circulaire à la défonceuse en passant par le perforateur et les ponceuses.
Autant de compétences redevenues d’actualité vingt-cinq ans plus tard, avec l’achat de ma propre maison. L’occasion de voir que les technologies ont progressé, que les outils électroportatifs sont devenus à la fois abordables et très efficaces, mais aussi que l’outil parfait capable d’effectuer parfaitement toutes les tâches de son domaine reste à inventer.
Par ailleurs, je réalise depuis désormais plus de quinze ans des tests et des comparatifs, notamment pour Les Numériques, Le monde de la photo et désormais Le Monde. J’ai également participé au développement et à l’évolution des procédures de tests en laboratoire et sur le terrain. En concertation avec mes collègues du Monde, j’ai notamment établi le protocole de test des perceuses-visseuses il y a deux ans, afin de réaliser leur guide d’achat.
Enfin, pour le présent test, j’ai demandé à plusieurs voisins, bricoleurs expérimentés ou non, de prendre en main différents modèles pour compléter mes impressions.
Les situations où nous avons besoin de lisser une surface ne manquent pas. Il peut s’agir d’éliminer des traces de truelle sur un mur, d’amener au même niveau deux pièces de bois qu’on a jointes, ou encore de rattraper une déformation du bois due à l’âge. Mais ce n’est pas le seul rôle du ponçage : il peut aussi rendre leur transparence ou leur brillant à des objets usés, tels des phares de voitures. Et il permet aussi d’éliminer des revêtements, par exemple pour ôter une peinture abîmée avant de la remplacer par une neuve.
Jadis, toutes ces tâches nécessitaient de frotter manuellement à l’aide de matières abrasives : pierre ponce, qui a donné son nom à l’activité, poudre d’émeri, papier de verre… Aujourd’hui, il existe un outil bien plus efficace : la ponceuse. Elle permet de limiter les efforts et les troubles musculosquelettiques, tout en obtenant plus facilement et rapidement un résultat plus homogène.
Les tâches des ponceuses sont donc variées. Dans certains cas, il est nécessaire d’éliminer rapidement beaucoup de matière superflue ; dans d’autres, il faut au contraire faire preuve d’une extrême délicatesse pour obtenir une surface irréprochable ou pour ne pas abîmer le support. Parfois, il est facile de parcourir l’ensemble de l’objet ; parfois, il faut se faufiler dans des endroits minuscules. Le choix de l’abrasif est donc essentiel, mais aussi celui de la ponceuse elle-même.
Les professionnels en ont généralement plusieurs, adaptées à la mission et aux matériaux à traiter. Une ponceuse à bande est ainsi idéale pour retirer beaucoup de matière rapidement, afin par exemple d’égaliser des parquets anciens ou d’éliminer les échardes d’une charpente lors de l’aménagement d’une sous-pente. Une ponceuse excentrique offre plus de délicatesse et pèse moins lourd, tout en restant assez performante pour traiter rapidement des surfaces relativement étendues. Sa cousine dotée d’un plateau oscillant, baptisée ponceuse orbitale, permet de suivre des surfaces galbées : elle est idéale pour lustrer une carrosserie. Une ponceuse vibrante est encore plus légère et abordable, et l’absence de rotation permet de varier la forme du plateau pour s’adapter à celle des objets à traiter.
Pour les bricoleurs occasionnels, le modèle incontournable est sans doute la ponceuse triangulaire, ou ponceuse delta, que nous testons ici. Moins performante que ses cousines, en particulier sur des grandes surfaces ou pour lisser d’importantes inégalités, elle est en revanche extrêmement polyvalente. Ses courbures lui permettent en effet d’aller jusque dans les angles, ce qui évite de devoir chercher un autre outil pour faire les finitions. Certaines disposent même de petits accessoires qu’on peut fixer à l’avant, qui permettent d’accéder aux moindres recoins. Elle peut facilement recevoir des abrasifs très variés, du papier de verre au grain grossier pour retirer de la matière jusqu’aux toiles à lustrer les plus délicates. Cela permet de traiter le bois, certainement le matériau le plus souvent poncé, mais aussi certains plastiques et métaux.
Bref, la ponceuse triangulaire est le couteau suisse des ponceuses. Elle a tout de même ses limitations. En particulier, les fabricants de ces modèles déconseillent généralement de les utiliser sur du plâtre : trop pulvérulent, celui-ci risque de boucher les systèmes d’aspiration des ponceuses. Vous pouvez poncer de petites surfaces de plâtre, par exemple pour lisser un joint entre deux plaques de placo, mais soyez conscient que la ponceuse n’aimera peut-être pas, et que vous devrez repasser l’aspirateur dans la pièce, à moins d’utiliser des bâches de protection. Si vous devez rattraper de grosses inégalités sur un mur ou un plafond, mieux vaut louer une ponceuse « girafe », spécialement conçue pour cette tâche. En outre, les modèles grand public sont conçus exclusivement pour le ponçage à sec. Pour poncer à l’eau, ce qui est souvent préférable avec des abrasifs très fins (par exemple pour lustrer une carrosserie), il faudra également se procurer un autre appareil.
Une ponceuse n’est rien sans ses abrasifs. Notez qu’avec les ponceuses triangulaires, il est généralement impossible d’utiliser de simples feuilles de papier de verre. En effet, la forme arrondie et les angles aigus de leur semelle ne permettent pas d’installer des pinces de fixation comme sur les ponceuses vibrantes rectangulaires.
Les fabricants de ponceuses triangulaires utilisent donc des feuilles auto-agrippantes : le sabot de la ponceuse est doté d’un revêtement à crochets, qui adhère au support à boucles de l’abrasif. Il est donc très facile de changer celui-ci une fois usé, mais cela augmente son coût.
Les fabricants fournissent généralement des échantillons adaptés à la ponceuse lors de l’achat. Le plus souvent, ils offrent un grain de 120. C’est une base polyvalente pour le travail du bois : elle ponce assez bien et donne un résultat relativement lisse. Mais vous aurez rapidement besoin d’abrasifs au grain différent pour dégrossir rapidement ou au contraire obtenir un rendu plus lisse. Vous pouvez alors acheter des abrasifs dédiés à votre modèle ou en choisir chez d’autres fabricants. Ceux qui sont destinés à votre modèle de ponceuse ont plusieurs atouts. Ils sont découpés aux dimensions précises de sa semelle, et intègrent plusieurs petites perforations, essentielles pour permettre une bonne aspiration des poussières. Avec des abrasifs d’autres marques, ces trous ne correspondent pas toujours parfaitement (ou dans certains cas ne sont pas du tout découpés), et il peut être nécessaire de les percer soi-même aux endroits adéquats avant utilisation. Notez tout de même que de nombreuses ponceuses utilisent un standard très proche, avec des feuilles de 15 × 10 cm à 10 perforations. Pour plus de détails, nous revenons sur le choix d’un abrasif en fin d’article.
Si l’on rentre dans le détail des ponceuses testées, elles se divisent en deux familles. Les ponceuses delta – qui tirent leur nom de la capitale de la lettre grecque (?) – ont trois côtés de même longueur. Leur « manche » est fin et allongé : il permet de guider la tête de ponçage facilement dans les moindres recoins. Vous pouvez faire pivoter la semelle mécaniquement, afin d’utiliser successivement les trois angles de l’abrasif. En revanche, le plateau étant assez éloigné de la poignée, il est parfois difficile de poncer une surface uniformément, en appliquant la même pression partout. Il faut donc plus d’expérience pour obtenir un résultat homogène.
L’autre famille de ponceuses que nous avons testées sont les modèles triangulaires « de paume », dont le plateau est moins large, les côtés légèrement courbés comme ceux d’un fer à repasser. Leur poignée est logée plus centralement, au-dessus du plateau vibrant. Légèrement moins pratiques pour aller chercher les recoins inaccessibles, elles sont en revanche plus faciles à utiliser, la pression se répartissant naturellement sur l’ensemble de la surface poncée. La forme plus allongée permet également d’augmenter la surface traitée et donc de gagner du temps lors du traitement d’objets imposants. Lors de nos tests de ponçage sur cinq minutes, à puissance égale, ces modèles ont ainsi éliminé environ 40 % de matière en plus que les vraies delta. Autre avantage : leur moteur étant dans l’axe du plateau, il n’a pas besoin d’engrenage. Ces ponceuses sont donc mécaniquement plus simples.
En pratique, leur utilisation est similaire, de même que leurs utilisateurs. Nous utilisons donc les expressions « ponceuse delta » et « ponceuse triangulaire » comme des synonymes. Dans cet article, nous préciserons donc « vraie delta » pour parler spécifiquement des modèles équilatéraux allongés.
Si vous cherchez « ponceuse delta » sur les sites de vente en ligne, vous risquez d’être submergé par le nombre de références. Nous avons donc dû commencer par un filtrage drastique.
Au terme de ce processus, notre liste initiale d’une cinquantaine de candidates potentielles était réduite à dix références, que nous nous sommes procurées afin de les tester.
Nous avons testé l’efficacité des ponceuses en découpant une planche de pin en plaques de mêmes dimensions, permettant de peser celles-ci avec une balance de précision avant et après chaque ponçage. Nous avons ensuite testé chaque ponceuse pendant précisément cinq minutes, avec un abrasif à grain de 120 (moyen), la plaque poncée étant placée entre des butées afin de maximiser la surface utile de l’abrasif. Nous avons également pesé les bacs des ponceuses ou celui de l’aspirateur afin de relever la quantité de poussière récoltée (ce qui nous a également permis d’évaluer l’efficacité de la récupération des poussières, voir plus loin).
Sur le plan des performances, deux tendances sont claires. D’une part, malgré quelques surprises, la puissance est directement corrélée à la quantité de matière éliminée. D’autre part, les « vraies » delta sont en fin de classement dans leur gamme de puissance, et derrière des ponceuses « fers à repasser » presque deux fois moins puissantes. La Dexter 220 W et la Skil 7261 sont ainsi particulièrement performantes. La Bosch PSM 100 A finit sur leurs talons et domine la catégorie « 100 W ».
Notez, dans le tableau ci-dessous, la domination de la Bosch PSM 200 AES. Ce modèle haut de gamme est beaucoup plus cher que les autres : Bosch a pris l’initiative de nous l’envoyer aux côtés des ponceuses que nous avions demandées. Nous l’avons donc intégrée aux tests… et avons conclu que, si elle est beaucoup plus efficace pour traiter très rapidement de grandes surfaces ou aplanir des bois très abîmés, elle ne se distingue pas réellement sur d’autres tâches. Elle nous a donc confortés dans notre opinion initiale : pour le grand public, une ponceuse à 50 ou 70 euros suffit.
Ponçage de précision
Nous avons ensuite testé les ponceuses sur des volets en bois à la peinture écaillée, afin de vérifier leur capacité à décaper avant de repeindre. Nous avons ici utilisé les abrasifs les plus grossiers fournis, généralement des grains de 60 ou 80. Nous avons prêté une attention particulière aux rainures des volets en bois, en vérifiant la facilité avec laquelle nous pouvions les suivre avec la pointe ou le bord du plateau, en inclinant la ponceuse à 45 °. Notez que pour cet exercice, le plateau n’est pas à plat : la plupart des buses d’aspiration sont situées à plusieurs centimètres de la surface poncée. Les poussières et éclats de peinture ne sont donc pas aspirés. Ajoutez la composition parfois douteuse des anciennes peintures, et il est encore plus essentiel d’utiliser un masque de protection d’excellente qualité.
Nous avons confirmé que la puissance était utile pour écailler la peinture, mais un deuxième critère s’est avéré très important : les vibrations. Avec les ponceuses aux vibrations les plus fortes, comme la Skil 7261 et la Bosch PDA 180, il était difficile de suivre précisément les rainures. La Dexter 220MFS2.5, la Einhell TH-OS 1016 et surtout la Ryobi RPS100 se sont à l’inverse révélées très à l’aise sur l’exercice, avec des vibrations maîtrisées et une prise en main réussie.
Enfin, même si ce n’est pas la raison d’être de ces ponceuses, nous avons testé leur effet sur une rayure superficielle sur une aile de voiture. Nous avons fait une série de griffures à l’aide d’un tournevis, sans appuyer pour n’attaquer que la surface du vernis, un peu à la manière d’une branche de bois dur ou du frottement d’un sac à boucles métalliques. Puis, nous avons équipé les ponceuses d’abrasifs extrêmement fins (grain de 3000) pour vérifier l’effet, avant de nettoyer l’aile à l’aide d’un chiffon microfibre mouillé. D’un côté, nous avons ainsi confirmé qu’il est possible de lisser le vernis pour masquer une légère rayure. De l’autre côté, les limites de la zone poncée restent visibles sous un éclairage rasant. Rappelons que les carrossiers utilisent des ponceuses orbitales et mouillent la surface tout au long de l’opération : les ponceuses triangulaires à sec ne sont pas conçues pour cet exercice et il est logique que les résultats soient moins bons. Néanmoins, cela peut permettre de masquer occasionnellement une petite trace.
Pour ce qui est de l’aspiration, le bilan des bacs est mitigé. Les meilleurs récupèrent à peine la moitié de la poussière des planches de pin poncées ; le reste se retrouve donc dans l’environnement. Notons que nous avons également guetté l’apparition de poussières sur la surface poncée et sur les ponceuses elles-mêmes tout au long du test. Cette surveillance visuelle était cohérente avec les valeurs relevées par la balance : les bacs les plus vides étaient bien ceux des ponceuses qui avaient laissé le plus de poussières sur la planche.
Notons ici la spectaculaire contre-performance du récupérateur cylindrique à « action cyclonique » de la Black + Decker KA280. Sur le cumul de deux tests (la ponceuse disposant de deux vitesses), il a récupéré 10 % seulement des poussières. Visuellement, nous avions remarqué que la pointe de la KA280 laissait systématiquement une traînée de poussière lors des déplacements vers la droite (le sens de l’oscillation renvoyant les débris vers l’arrière lors des déplacements vers la gauche). En examinant la conception du plateau, l’explication est simple : les trous d’aspiration sont concentrés au centre. Le plus proche de la pointe se situe à 7 cm de celle-ci, contre 2 à 3 cm sur les concurrentes.
Mais les autres modèles à bac restent perfectibles et laissent un environnement très poussiéreux. Un aspirateur externe change radicalement la donne : sur tous les tests où nous en avions connecté un, il a récupéré la quasi-totalité de la matière supprimée ! Il apparaît donc que les « aspirateurs » intégrés aux ponceuses souffrent tous d’une puissance très faible. La possibilité de raccorder un aspirateur externe nous semble indispensable, que ce soit par un adaptateur dédié ou en scotchant le bout du tube de l’aspirateur à la place du bac. Nous avons fortement pénalisé les modèles qui se reposent exclusivement sur des bacs de récupération, sans possibilité d’installer un aspirateur.
Nous avons noté des disparités au niveau des bacs de récupération : certains sont plus faciles à mettre en place et à démonter. De manière générale, nous avons trouvé les bacs à embout rond plus pratiques que ceux qui épousent la forme de la ponceuse. Cependant, celui de la Galax Pro s’avère étonnamment facile à glisser dans ses guides et il dispose d’une languette qui le maintient en place, avec un clic franc lors de l’installation. Notez qu’aucun bac ne s’est démonté ou même n’a pris de jeu durant l’utilisation de la ponceuse.
Les adaptateurs d’aspirateur sont eux aussi plus ou moins bien conçus. Celui de la Black + Decker Mouse est particulièrement réussi : il suffit de le guider et d’appuyer pour qu’il coulisse facilement sur son support. À l’autre extrémité du spectre, l’adaptateur de la Einhell TC-DS 20 E semble astucieux à première vue, mais il nécessite une certaine force pour être bien enfoncé en place et, surtout, cette imposante évacuation latérale accroît singulièrement l’encombrement de la ponceuse.
Les vibrations jouent également sur le confort d’utilisation, que nous avons naturellement évalué tout au long des tests. Presque tous les fabricants recouvrent les poignées d’une gaine caoutchouteuse, qui améliore la préhension et filtre légèrement les vibrations. Mais la forme des poignées varie beaucoup. La Bosch PSM 100 A, par exemple, a une poignée ovoïde ; lors de l’utilisation, la main a parfois tendance à glisser vers l’avant, à moins de tenir la ponceuse très en arrière. À l’inverse, la Black + Decker Mouse, avec son moulage très creux, se cale naturellement entre le pouce et l’index et ne bouge plus - peu importe la taille de la main. Les autres fabricants utilisent des poignées de formes diverses, mais intègrent presque tous des replats qui évitent que les doigts de l’utilisateur glissent lors du ponçage.
Pour les accessoires qui permettent de poncer dans des espaces étroits, comme les lames à persiennes, les doigts et les profilés, différents systèmes de fixation existent. Les plus basiques se vissent à la place de la pointe de la ponceuse. Il faut donc avoir un tournevis et il est possible de perdre la vis dans l’action (sauf chez Dexter, où chaque pointe a sa propre vis retenue dans le plastique). D’autres utilisent un système de platine amovible avec un verrou à pousser latéralement, beaucoup plus pratique.
Enfin, Ryobi fait dans l’originalité : le doigt de ponçage est intégré à la ponceuse et articulé. Il se déploie jusqu’à un cliquet de verrouillage lorsqu’on veut l’utiliser, et après usage, se replie vers le haut, sous son cache, pour poncer normalement. Astucieux, mais un peu trop souple : ce système est le moins rigide que nous avons testé, ce qui se traduit par des rebonds plus fréquents et un ponçage plus lent que celui de la concurrence. Cependant, si vous ne l’utilisez qu’exceptionnellement, il est extrêmement pratique.
Un détail inattendu s’est avéré plus ou moins réussi d’un modèle à l’autre : l’interrupteur d’alimentation. Le meilleur élève est de loin Ryobi, avec son interrupteur en forme barrette coulissante. Facile à utiliser, visuellement évident, avec des clics francs impossibles à rater. Nous craignions que les doigts appuient dessus pendant l’utilisation ; il n’en a rien été et nous n’avons noté aucun problème. La Bosch PSM 100 A, avec son interrupteur vertical à l’avant, excelle également et a l’avantage d’être parfaitement ambidextre. La KA280 de Black + Decker, avec ses deux gros poussoirs assez évidents, est également pratique mais elle demande de l’utiliser à deux mains. À l’inverse, les interrupteurs de la Skil 7261 et de la B + D Mouse sont recouverts d’un gainage caoutchouté. Il est donc impossible de se contenter d’un contrôle visuel : il faut appuyer dessus pour vérifier leur position avant de brancher la ponceuse. De plus, leur toucher spongieux les rend peu agréables à utiliser.
Nous avons étudié la construction et l’ergonomie des ponceuses. Tous les modèles semblent raisonnablement robustes, mais nous n’avons pas pu vérifier nos impressions sur le temps long : nous ne les avons utilisés que quelques heures chacun.
La Bosch PSM 100 A est la ponceuse triangulaire que nous conseillons de manière générale. Elle fait partie des modèles les plus compacts. Bien entendu, elle reste plus volumineuse que la Black + Decker Mouse, mais elle est aussi deux fois plus puissante et beaucoup plus efficace ! Il s’agit selon nous du meilleur compromis : sa compacité et sa légèreté lui permettent de travailler en hauteur ou en suspension, presque aussi confortablement qu’à plat sur un établi.
Les finitions sont correctes, meilleures que chez Dexter notamment, et la PSM 100 A donne confiance. Sa poignée ovoïde est relativement petite et inclinée vers l’avant. La plupart des utilisateurs, notamment ceux aux plus petites mains, adorent. Cependant, les panélistes aux mains les plus grandes ont été plus partagés : pour eux, la main glisse vers l’avant avec les vibrations, à moins de l’empoigner plus en arrière – trop pour que la partie bombée de la poignée repose confortablement dans la paume. Comme tout outil, pensez donc à la prendre en main et à la faire fonctionner pour vérifier si elle vous convient.
Cette poignée ovoïde et gainée de caoutchouc et le régime élevé du moteur limitent efficacement les vibrations : la PSM 100 A a été l’une des ponceuses les plus confortables dans ce domaine. Cela n’est peut-être pas essentiel pour une utilisation ponctuelle, mais passé quelques minutes d’utilisation, vous sentirez la différence.
L’interrupteur de la PSM 100 A est original : c’est un gros élément coulissant placé à l’avant de la poignée. Impossible à rater, il permet de vérifier très facilement sa position avant de brancher l’outil. Il est également très facile à utiliser du bout de l’index tout en tenant fermement la ponceuse d’une seule main. De plus, il permet d’utiliser la ponceuse Bosch aussi confortablement de la main gauche que de la main droite.
Elle est de loin la plus légère des ponceuses de ce format, avec 800 grammes sur notre balance. Certes, la B + D Mouse se tient sous les 600 grammes, mais son plateau plus petit exige des abrasifs spéciaux. La PSM 100 A profite, elle, d’un plateau mesurant 10 cm de largeur et 15 cm de longueur. Le triangle avant comporte six perforations pour aspirer les poussières, et la partie arrière en compte cinq. Elle utilise ainsi les mêmes abrasifs que les autres Bosch, Skil, Einhell, Dexter, etc.
Les abrasifs Bosch sont prédécoupés : la partie avant, correspondant au triangle équilatéral de 92 mm, est indépendante de la partie arrière. La pointe de la PSM 100 A est montée sur scratch, permettant de la démonter facilement pour faire pivoter le triangle abrasif et utiliser ses trois angles. Les innombrables abrasifs compatibles vendus en ligne sont parfois prédécoupés, parfois d’une seule pièce. Préférez les premiers si vous souhaitez optimiser l’utilisation et limiter le gaspillage lorsque vous travaillez dans les angles ou si vous poncez des rainures.
Avec une puissance de 100 W, nous nous attendions à voir la Bosch souffrir lors du test de performance. Ce ne fut pas le cas. Avec six grammes de bois poncés et expulsés en cinq minutes, elle n’a été que 20 % plus lente que le Dexter deux fois plus puissante. En fait, malgré ses 100 W, la PSM 100 A a devancé la Galax Pro de 200 W et la B + D KA280 de 220 W !
Elle a confirmé son efficacité lors des tests plus subjectifs du volet et du métal rouillé. Sur les lames du volet, grâce à sa légèreté, elle s’est même révélée particulièrement agréable pour poncer inclinée à 45 °.
Son régime de rotation élevé a également permis de réduire la griffure de l’aile de voiture en laissant très peu de traces de ponçage.
Comme toutes les ponceuses à bac, la PSM 100 A souffre d’une aspiration peu efficace : seule une petite moitié de la matière éliminée s’est retrouvée dans le bac récupérateur. Comme beaucoup d’autres, celui-ci reste assez basique, avec une installation et une ouverture moyennement pratiques. Mais il souffre en plus d’une capacité très limitée, qui obligera à le vider assez fréquemment.
Bosch ne fournit pas d’adaptateur pour aspirateur avec ce modèle. La sortie de la ponceuse mesure 30 mm de diamètre et seulement 15 mm de longueur : il est donc assez difficile d’y scotcher l’embout d’un aspirateur standard. Selon nous, c’est le principal handicap de ce modèle.
De manière générale, Bosch n’est guère généreux sur les accessoires : la marque ne fournit pas non plus de doigt pour le ponçage de précision, mais la compacité de la PSM 100 A compense quelque peu cette absence, en lui permettant mieux de se faufiler.
La ponceuse Dexter 220MFS2.5 fait partie des modèles les plus abordables de notre comparatif. Dans l’ensemble, associée à un bon aspirateur, elle offre un rapport performances/prix exceptionnel. Elle est idéale pour poncer à plat, sur un établi, et recommandée pour les utilisateurs occasionnels qui souhaitent un produit efficace et abordable. Mais elle est un peu lourde : si vous travaillez souvent à la verticale ou en suspension, nous vous conseillons plutôt la Bosch PSM 100 A.
Avec 220 W annoncés, c’est l’une des ponceuses testées les plus puissantes. En outre, sa masse de 1,2 kg lui assure une pression adéquate sur le bois. Avec sa puissance et son poids combinés, elle s’est montrée particulièrement efficace, éliminant 8 à 9 grammes de matière de notre planche de test en 5 minutes. Seule la Bosch PSM 200 AES, presque aussi puissante, presque aussi lourde, conçue pour une prise à deux mains et surtout trois fois plus chère, a fait mieux. Notez que la Dexter a subi ce test deux fois afin de comparer la récolte des poussières avec son bac et avec un aspirateur, ce qui a permis de confirmer la constance de ses performances.
En raison de son poids, elle est moins à l’aise pour poncer sur l’angle. Néanmoins, sa grosse poignée permet de la guider assez confortablement et elle s’est également révélée très efficace pour éliminer les zones de peinture partiellement écaillées des volets. Elle a également permis d’ôter rapidement la corrosion d’une pièce métallique. En revanche, nous ne la recommandons pas pour les travaux de carrosserie : sans doute du fait de sa vitesse de rotation plus faible (13 000 tr/min contre 26 000), elle a laissé plus de traces que la Bosch une fois la rayure éliminée.
Sa masse et sa grosse poignée gainée, ainsi que son régime plus faible que certaines concurrentes, assurent un niveau de vibrations raisonnable. Dexter annonce une valeur relativement élevée (9,8 m/s², à comparer à 6,5 m/s² pour la Bosch PSM 100A), mais le ressenti subjectif était bien moins marqué lors de nos tests.
L’adaptateur pour aspirateur est fourni, ce qui est rare à ce prix. Notez que si votre aspirateur n’est pas au standard de 36 mm, l’adaptateur est assez profond pour y glisser l’extrémité du tube et fixer l’ensemble à l’aide de toile adhésive. Grâce au nombre et à la disposition des trous de la semelle, nous avons récupéré la quasi-totalité (plus de 90 %) de la poussière de bois lors du test de ponçage à plat.
La Dexter est aussi fournie avec une lame à persiennes, un accessoire qui permet de se faufiler dans les espaces étroits. Elle est plus large que les accessoires « doigts » de la plupart des concurrentes, mais cela a un avantage : c’est un triangle équilatéral de 9 cm de côté, qui peut donc utiliser les abrasifs de la plupart des ponceuses delta. À ce sujet, aucun abrasif n’est fourni, mais Dexter utilise un format standard : son plateau triangulaire de 152 × 102 mm et ses dix points d’aspirations sont compatibles avec les papiers de verre destinés aux modèles Bosch, KWB, etc.
La fixation de la pointe avant normale ou de la lame à persiennes repose sur deux encoches et une vis. Bon point, les 7 cm d’écart entre la vis et les encoches assurent une bonne rigidité de l’installation, plus rassurante que le petit losange vissé de Black + Decker ou le cliquet de Ryobi. Par ailleurs, la semelle normale et la lame à persiennes ont chacune leur vis, « coincée » dans le plastique : vous ne risquez pas de perdre celle-ci (problème rencontré à chaque changement de pointe sur la B + D KA280).
L’interrupteur se compose de deux grosses touches orange, clairement marquées O et I, qui s’enfoncent avec des clics bien marqués. Même avec des gants, impossible d’allumer ou d’éteindre la ponceuse par inadvertance. Il est ainsi très facile de vérifier visuellement que l’outil est bien arrêté avant de le brancher.
En revanche, comme beaucoup d’outils Dexter, la qualité des plastiques est très basique. Son corps est moulé d’un bloc avec des finitions relativement grossières. Sa poignée haute et large est revêtue d’un gainage de caoutchouc et ses motifs à chevrons offrent une bonne adhérence, à main nue ou avec des gants (nous vous conseillons évidemment de toujours en porter). Mais, revers de la médaille, les plus petites mains sont plus à l’aise avec la poignée plus compacte de la Bosch.
Les ailettes de refroidissement et d’aspiration des poussières sont épaisses et peu profilées, et son bac a récupéré à peine plus de 20 % du bois poncé. La Dexter laisse donc un environnement relativement poussiéreux si vous utilisez le bac récupérateur.
Celui-ci est d’ailleurs très basique, deux demi-coques de plastique clipsées l’une dans l’autre. Aussi, lorsque l’on souhaite l’ouvrir pour le vider dans la poubelle, ses deux parties ont tendance à se séparer d’un coup, envoyant les poussières en l’air. Mieux vaut plonger les mains et l’arrière de la ponceuse dans la poubelle avant de l’ouvrir.
Enfin, sa vitesse de rotation relativement faible fait qu’elle peut laisser des marques sur le bois lors de l’utilisation d’abrasifs grossiers. Pour obtenir des rendus très lisses, par exemple avant d’appliquer un vernis brillant, vous aurez donc besoin d’un travail particulièrement régulier ou d’abrasifs à grain plus fin qu’avec les ponceuses les plus douées pour cet exercice.
Nous l’avons vu, la « vraie » ponceuse delta filaire, dotée d’un plateau équilatéral et d’une poignée moins équilibrée, est en perte de vitesse. Cependant, si vous préférez ce format d’outil, nous vous conseillons la Einhell TC-DS20 E. Elle ne se contente pas d’être moins chère que la classique Bosch PDA 180 omniprésente dans les magasins de bricolage : elle est aussi meilleure et plus confortable à l’usage. Einhell a créé une ponceuse au corps assez fin, gainé de caoutchouc pour une excellente préhension. Elle dispose également d’un variateur de vitesse pour travailler en finesse avec les matériaux fragiles ou sensibles à l’échauffement.
La prise en main est très classique. La Einhell TC-DS20 E est assez légère pour être utilisée d’une main, surtout à la verticale, même si la longueur de son corps et son avant bombé et caoutchouté incitent naturellement à la prendre à deux mains. Un verrou généreux permet de démonter le plateau facilement pour le faire pivoter de 60 ° et utiliser successivement ses trois pointes, ce qui est très pratique pour optimiser l’utilisation des abrasifs lors de travaux de finitions.
Sur ce point, elle utilise le modèle le plus standard de papier de verre : un triangle équilatéral de 92 mm, avec six perforations au centre pour l’aspiration. C’est généralement le premier type d’abrasifs que vous trouverez en cherchant « papier de verre ponceuse delta ». Si ceux vendus par KWB (marque du même groupe que Einhell) sont relativement coûteux, vous ne manquerez jamais d’options compatibles plus abordables.
Les performances de la Einhell TC-DS20 E sont correctes, légèrement supérieures à celles de la Bosch PDA 180. Par rapport aux ponceuses en « fer à repasser » de puissance comparable, elle ôte nettement moins de matière lors du test des 5 minutes. Mais elle permet plus facilement d’atteindre des angles dans des espaces réduits.
Elle excelle aussi sur la griffure de l’aile de voiture, pour laquelle la poignée allongée permet de voir très facilement où l’on passe et de poncer délicatement avec le bord de l’abrasif. Mais, une fois encore, si rendre une allure immaculée à une carrosserie est important pour vous, aucune ponceuse à sec ne remplacera une ponceuse orbitale travaillant à l’eau.
Commes toutes les vraies ponceuses delta, les vibrations sont très prononcées, et nous déconseillons une utilisation prolongée. Cependant, là encore, sa poignée bien faite limite la fatigue par rapport à la concurrence.
Finalement, le principal défaut de la Einhell TC-DS20 E est son adaptateur pour aspirateur. À première vue, celui-ci paraît bien pensé : il se glisse dans une rainure au niveau de la tête de la ponceuse. Cela évite que le poids et la résistance du tuyau tirent sur l’arrière de l’outil. Mais l’adaptateur augmente énormément la largeur et ne permet pas de se faufiler aussi facilement dans les recoins. Bien entendu, la possibilité de l’installer indifféremment à gauche ou à droite permet de choisir au cas par cas le côté le moins gênant pour aller chercher les endroits difficiles d’accès. Mais il reste finalement moins pratique que la classique buse arrière des concurrentes.
La Skil 7261 est performante et offre une très bonne prise en main. Son système de fixation du plateau avant permet de le remplacer facilement par une lame à persiennes équilatérale, par un doigt de ponçage ou par un outil profilé souple permettant de poncer les arrondis. Elle propose le choix entre bac et adaptateur d’aspirateur. En revanche, elle vibre énormément : Skil annonce un niveau de vibration 40 à 50 % supérieur aux concurrentes, et cela se ressent lors de l’utilisation. Elle reste un bon choix si vous cherchez une ponceuse polyvalente et performante, mais vous aurez besoin de mains solides.
La Einhell TH-OS 1016 est une des ponceuses les moins chères de ce comparatif. Elle propose des performances correctes et une bonne prise en main. En revanche, elle n’a pas de bac à microfiltre mais un simple sac en tissu. Celui-ci est du reste presque inutile, l’aspiration intégrée étant l’une des moins efficaces parmi les modèles testés. Aucun adaptateur pour aspirateur externe n’est fourni mais l’embout du sac étant circulaire et assez long, il est facile d’y scotcher un tuyau d’aspirateur. Bref, elle ne démérite pas, mais elle est à peine moins chère que la Dexter et tout simplement un peu moins bonne.
La Ryobi RPS100 offre une excellente prise en main et l’interrupteur le plus sûr de tous les modèles testés. Son doigt articulé, qui se replie sous un cache lorsqu’il ne sert pas, est très bien pensé en principe, même si la fixation s’avère un peu trop souple à l’usage. C’est également l’une des ponceuses testées dont les vibrations sont les moins fortes. En revanche, ses performances la mettent en queue de peloton, derrière des modèles moins chers.
La Galax Pro Detail Sander QD6306C fait partie des modèles les moins chers du marché. Elle propose pourtant un plateau rotatif et elle est livrée avec un généreux lot d’abrasifs allant du grain 80 à 120. Heureusement d’ailleurs, car ceux-ci ne sont pas au format standard. La prise en main est correcte et le bac est facile à installer et à démonter. Hélas, malgré une puissance de 200 W, ses performances sont juste moyennes. Plus gênant, son système d’aspiration est aussi médiocre et la fixation du bac récupérateur est très aplatie : il est donc impossible de brancher un aspirateur externe, même en jouant du ruban adhésif.
La Black + Decker BEW230 Mouse est une des ponceuses les moins chères testées, mais aussi la moins puissante du lot. Sa compacité est intéressante pour se glisser dans les recoins et pour les plus petites mains. Malgré son prix, elle dispose d’une pointe avant amovible qui peut laisser la place à un doigt de ponçage (attention à ne pas perdre la vis, qui n’est pas retenue). Bon point : l’adaptateur pour aspirateur est fourni, facile à fixer et il tient parfaitement. De plus, ses abrasifs microperforés (évidemment non standards) permettent une aspiration extrêmement efficace. En revanche, elle est logiquement la moins performante des modèles testés : lors du test de ponçage sur cinq minutes, elle a retiré trois fois moins de bois que la Einhell et la Galax proposées au même prix.
La Bosch PSM 200 AES offre le choix entre plateau triangulaire et carré. L’installation et le retrait sont assez faciles, mais il faut faire attention à bien mettre en place la partie arrière du plateau triangulaire avant de fixer la partie avant : il est possible de ramener le verrou alors que l’arrière n’est pas en position. La semelle n’est alors pas plate, ce qui marquera forcément le bois. Très performante, la PSM 200 impose une utilisation à deux mains, la forme de sa poignée ne permettant pas de la tenir correctement d’une seule. Aucun adaptateur pour aspirateur n’est fourni, ce que nous considérons comme rédhibitoire à ce niveau de gamme.
La Black + Decker KA280 prétend à la polyvalence ultime : son plateau triangulaire peut être installé à l’envers pour donner une extrémité carrée (utile pour faire de grandes surfaces), il peut également recevoir un doigt de ponçage ou différentes extensions de formes très variées, et il peut laisser la place à un plateau circulaire. De plus, elle propose deux vitesses de rotation pour s’adapter à différentes tâches. Hélas, elle souffre de petits défauts : par exemple, l’installation des plateaux est parfois difficile, la came étant souvent mal alignée avec le cylindre de guidage. Si sa poignée est confortable à deux mains, elle est un peu grosse à une seule main, surtout si vous n’avez pas une morphologie de basketteur. Et surtout, son système d’aspiration des poussières est presque totalement inefficace, les trous étant trop loin des angles du plateau. Elle produit énormément de poussières. Il est en outre impossible d’installer un aspirateur, la buse étant très aplatie.
La Bosch PDA 180 est l’une des deux « vraies » ponceuses delta testées. Elle est omniprésente dans les magasins de bricolage, avec un design simple et basique. Son corps volumineux et l’absence de tout gainage rendent sa prise en main particulièrement peu confortable, même à deux mains. Il amplifie aussi les vibrations ressenties : elles semblent plus fortes que sur la Einhell TC-DS 20 E, qui annonce pourtant des accélérations plus puissantes.
Comme pour tout outil, une bonne utilisation commence toujours par des mesures de sécurité adéquates. Assurez-vous de débrancher la ponceuse avant de démonter des éléments ou d’installer un abrasif. Ne portez pas de vêtements flottants qui risqueraient de se glisser entre la semelle et la pièce à traiter et attachez-vous les cheveux s’ils sont longs. Assurez-vous que votre espace de travail est dégagé et éclairé et que les longueurs des câbles d’alimentation vous permettent de vous déplacer confortablement. Les ponceuses triangulaires posent beaucoup moins de risques que les perceuses, les tronçonneuses, les scies sauteuses ou circulaires, les tours à bois et les défonceuses : elles ne vous emporteront pas un doigt ou une main. Mais arrêter brusquement le travail à cause d’un câble trop court ou d’un vêtement pris sous la ponceuse est un excellent moyen d’abîmer la pièce que vous vouliez lisser.
Mais les ponceuses génèrent quantité de poussières. Certaines sont dangereuses par nature : par exemple, les particules de vieilles peintures sont souvent toxiques ou cancérigènes. Plus étonnant, c’est également le cas de certains bois comme le chêne ou le hêtre. Notez qu’il est tout simplement illégal de travailler des matériaux contenant de l’amiante sans qualification et protections spécifiques. Mais même les particules qui ne présentent pas de danger particulier peuvent, en s’infiltrant dans les bronchioles, provoquer des maladies pulmonaires.
Un système d’aspiration est donc vivement conseillé. Les ponceuses retenues dans cette sélection en intègrent toutes un, mais encore doit-il être efficace : vérifiez avant chaque utilisation qu’il fonctionne bien, que le réceptacle n’est pas plein et que son filtre est bien propre. La capacité du bac varie beaucoup d’un modèle à l’autre. Surveillez donc son remplissage pendant l’utilisation et n’attendez pas qu’il sature pour faire une pause et le vider. Tous les systèmes à bac souffrent d’une efficacité limitée : nous conseillons l’utilisation systématique d’un aspirateur externe dès qu’elle est possible. C’est évidemment moins pratique pour travailler, mais la quantité de poussière effectivement récoltée est sans commune mesure. Dans tous les cas, vérifiez le bon alignement des perforations de la feuille abrasive et des trous d’aspiration. Au besoin, vous pouvez percer vous-même la feuille.
Pour autant, aucun système n’est parfait et le ponçage produit toujours un environnement poussiéreux. Un masque de protection reste donc indispensable, et des lunettes sont très utiles. De plus, lorsque c’est possible, évitez de travailler dans une pièce confinée. Peut-être trouverez-vous pénible de transporter une porte jusque dans le jardin pour la décaper et la repeindre au lieu de la traiter directement dans la cuisine, mais croyez-nous : à long terme, vos poumons vous remercieront. Interrogé par Le Monde, Nicolas en témoigne : après avoir poncé quelques heures sans masque et sans système d’aspiration, il a souffert des poumons pendant plusieurs jours.
Idéalement, placez la pièce à traiter à plat, sur un établi. Vérifiez l’absence de corps étrangers tels que des clous, qui risqueraient d’accrocher et d’abîmer les abrasifs. Fixez la pièce avec des serre-joints pour éviter tout déplacement accidentel. Pensez à protéger les éléments qui en ont besoin : par exemple, si vous poncez l’encadrement d’une fenêtre, une couche de scotch de masquage vous évitera de marquer la vitre.
Si votre ponceuse dispose d’un plateau amovible, choisissez celui qui est adapté à la tâche prévue et vérifiez soigneusement son installation. Certains modèles peuvent très facilement sembler être bien fixés, alors qu’ils ne sont pas tout à fait dans leurs encoches. Regardez bien sous tous les angles pour vérifier que la semelle et le support sont bien jointifs et que les systèmes de retenue (vis, levier de fixation) sont bien verrouillés.
Pour fixer l’abrasif, toutes les ponceuses triangulaires utilisent un système auto-aggripant (couramment appelé scratch ou Velcro). Pour assurer une bonne tenue, n’hésitez pas à nettoyer le revêtement de la semelle à l’aide d’un pinceau ou d’une brosse. Puis, mettez l’abrasif en place et appliquez une pression homogène sur toute sa surface.
Allumez la ponceuse et passez-la sur l’objet, en mouvements réguliers. Inutile d’appuyer : le poids de la ponceuse suffit à ce que les grains abrasifs fassent leur travail. L’écraser sur la pièce ne fait pas gagner énormément de temps, surtout avec un outil de puissance modérée, mais cela use ponceuse et abrasif plus rapidement et augmente le risque de laisser des traces sur le matériau au lieu de le lisser. Assurez-vous que la pression soit homogène pour obtenir un résultat uni. Vous pourriez avoir besoin de presser légèrement sur l’avant de la ponceuse pour peaufiner les recoins, mais assurez-vous que l’ensemble de la semelle reste bien au contact. Si vous devez travailler à la verticale (par exemple pour décaper un chambranle), vous devrez évidemment appuyer sur la ponceuse, mais là encore, il s’agit juste de la maintenir au contact, pas de l’écraser sur l’élément à travailler. Une pression de 10 à 20 N (pensez 1 à 2 kg) suffit.
Si vous utilisez une lame à persiennes ou une languette de précision, consultez le mode d’emploi pour la fixer correctement. Différents systèmes existent en effet : vissage, clipsage, ou même velcro ! Une fixation correcte est essentielle à la fois pour votre sécurité et pour la qualité du résultat.
Dans tous les cas, évitez de rester immobile : comme un fer à repasser, la ponceuse doit glisser continuellement sur la surface à traiter. Dans le cas contraire, le bord de la semelle va laisser une marque. Sur certains matériaux, notamment les peintures et vernis, rester sur place augmente aussi le risque de ramollissement par chauffage, transformant un revêtement dur facile à éliminer en mélasse gluante qui colmate les abrasifs et reste collée au support. Déplacez donc l’outil continuellement, en un mouvement régulier, en croisant les passages ou en suivant les veines du bois pour limiter le risque de marquage.
Le réglage de la vitesse, si votre ponceuse en dispose, dépend également du matériau. Réduisez la vitesse pour les matériaux fragiles et ceux qui craignent l’échauffement, comme les peintures. Augmentez-la pour dégrossir rapidement une pièce massive, comme pour égaliser la jonction entre deux morceaux de bois brut. Pensez à tester les réglages et le type d’abrasif, par exemple avec une chute du bois qui a servi à faire un meuble ou en utilisant une surface qui ne sera pas visible sur le produit final.
Tout dépend du travail à réaliser. Le premier critère est le type d’abrasif. Pour lisser ou décaper du bois, le « grenat » est idéal. Il se présente généralement sous forme d’abrasifs rouges. C’est le type de papier de verre le plus courant, et vous en trouverez presque systématiquement dans la boîte de la ponceuse. L’émeri, gris foncé, est plus adapté pour le métal, par exemple pour éliminer une corrosion superficielle. Mais il existe également des abrasifs spécialisés d’allure très variée ; par exemple, certains très fins destinés au lustrage des carrosseries ressemblent plus à un feutre dur qu’à une surface granuleuse.
La taille du grain est évidemment essentielle. Celle-ci est représentée par un numéro, les valeurs les plus élevées correspondant aux abrasifs les plus fins. Un grain de 40 est grossier : il enlève facilement beaucoup de matière, mais il laisse une surface rugueuse. Un grain de 100, nettement plus fin, donne un résultat plus lisse tout en permettant de rattraper de petits défauts du bois. Un grain de l’ordre de 200 permet d’obtenir une surface de bois lisse et prête à peindre. Mais pour lustrer un métal ou effacer les griffures d’un vernis automobile, il faudra aller bien au-delà : les carrossiers travaillent souvent avec des grains de 1000 ou plus – et, nous l’avons dit, des ponceuses orbitales plutôt que triangulaires. Notez également qu’ils travaillent souvent à l’eau, ce qui nécessite des ponceuses spécifiques. Les manuels de tous les modèles triangulaires testés ici précisent qu’ils sont exclusivement destinés au ponçage à sec.
De manière générale, vous devrez faire plusieurs passages, en commençant par le grain le plus grossier pour égaliser la surface et en finissant par le plus fin pour obtenir le rendu souhaité. Typiquement, si vous venez d’assembler un meuble en bois et souhaitez lisser les jointures, vous commencerez avec un grain de l’ordre de 50 pour amener toutes les surfaces à la même hauteur, puis passerez à 120 ou 150 pour les lisser, et ferez éventuellement un troisième passage avec des abrasifs de 240 pour obtenir un rendu immaculé qui donnera un effet luisant une fois verni.
Il existe un format standard de facto : un abrasif en forme de fer à repasser de 15 × 10 cm. Il compte habituellement dix trous d’aspiration, six en hexagone sur le triangle avant et quatre répartis sur l’arrière. Sur les modèles testés, les Bosch, Einhell, Dexter, Ryobi et Skil étaient tous compatibles, avec un écart maximal de l’ordre de 2 mm sur les dimensions du plateau et la position des perforations. Par ailleurs, nous n’avons pas noté de différence nette sur la qualité de fixation ou la durée de vie des abrasifs d’une marque à l’autre. La question du coût des consommables, qui varie souvent du simple au quadruple entre l’achat d’un lot générique et celui d’un lot de grande marque, devient dès lors secondaire. Il faut juste faire attention au format de la toile et à l’emplacement des trous.
Pensez à surveiller régulièrement l’état de l’abrasif. Lorsqu’il se charge de poussière, il devient moins efficace. Certains matériaux peuvent aussi s’agglutiner sur les grains, par exemple la sève de résineux ou certains vernis. Dans ce cas, changez la feuille abrasive. Lorsque vous faites beaucoup de travail de précision, vous allez user plus la pointe de la ponceuse. Certains fabricants prédécoupent un losange ou un triangle au bout de la feuille : retirez-le, retournez-le ou utilisez un élément de remplacement, et vous éviterez de gaspiller une feuille complète de papier de verre.
Pour la plupart des utilisateurs à la recherche d’une ponceuse triangulaire polyvalente et confortable, nous conseillons la Bosch PSM 100 A.
Pour ceux qui acceptent de sacrifier les finitions pour profiter d’un prix plus léger, ou dont les mains sont trop grandes pour la Bosch, nous conseillons la Dexter 220MFS2.5.
Pour ceux qui ont besoin d’une ponceuse delta classique, nous conseillons la Einhell TC-DS20 E.