Plus de 40 milliards d’euros pour l’Algérie, près de 20 milliards d’euros pour le Maroc. Les frères ennemis du Maghreb ont, en 2026, les budgets de défense – autorisations d’engagement et crédits de paiement compris – les plus élevés d’Afrique. Ils sont aussi, et de loin, les premiers importateurs d’armement du continent. Tous deux représentaient 87 % des achats militaires en Afrique du Nord entre 2020 et 2024, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), dans un rapport d’avril 2025.
Cette frénésie n’est pas retombée. Ces douze derniers mois, les annonces d’acquisition, officielles ou officieuses, de nouveaux équipements ou de nouvelles armes d’attaque ou de défense se sont multipliées de part et d’autre. Livraison de chasseurs furtifs Su-35 et Su-57, acquisition de missiles Iskander-M et modernisation de radars avancés S-350 et S-400, tous de fabrication russe, pour l’Algérie.
Déploiement de lance-roquettes multiples américains M142 Himars, réception de drones turcs Bayraktar Akinci et d’hélicoptères américains AH-64 Apache pour le Maroc. « Bien qu’aucun des deux pays ne souhaite la guerre, ils semblent se préparer au pire », alertait, en novembre 2025, Intissar Fakir, chercheuse au Middle East Institute de Washington, DC.