La promesse était considérable : changer l’Etat de l’intérieur pour l’adapter à l’ère des crises écologiques. En formant massivement ses hauts fonctionnaires et agents publics à la transition écologique d’ici à la fin de 2027, le gouvernement voulait faire de l’administration un moteur de la transition. Une réforme silencieuse mais structurelle, capable d’infuser dans l’ensemble des politiques publiques.
Le chantier est aujourd’hui à mi-parcours, et le constat apparaît plus nuancé. Des milliers de cadres ont été sensibilisés, les connaissances scientifiques ont pénétré des sphères administratives qui en étaient parfois éloignées. Mais la formation, aussi ambitieuse soit-elle, peine à se traduire en décisions concrètes, notamment en raison d’un manque de soutien politique.
Le programme avait été lancé en grande pompe à l’été 2022 par la première ministre de l’époque, Elisabeth Borne. Le gouvernement, qui en avait fait l’une de ses politiques prioritaires, prévoyait la formation obligatoire de 25 000 cadres supérieurs de la fonction publique d’Etat, présentés comme les futurs « hussards verts de la République ». A terme, la démarche devait s’étendre aux 5,6 millions d’agents de toutes les fonctions publiques. Le signal politique se voulait fort.